Critique ciné : Miss Peregrine et les enfants particuliers

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En petite forme sur son Big Eyes, Tim Burton nous revient avec un projet en apparence taillé sur-mesure pour lui. A savoir l’adaptation du roman Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs, ou le récit de la découverte par un adolescent d’une société parallèle à notre monde, peuplée d’enfants aux pouvoirs si étonnants qu’ils seraient considérés comme des monstres hors de leurs bulles totalement coupées de l’extérieur. Tout de suite, on perçoit la filiation potentielle avec les thèmes chers au cinéaste et pourtant, son amour des freaks n’est pas ce qui prédomine ici. Le film disserte en fait peu sur la question, il fonctionne davantage comme une adaptation littéraire à la Harry Potter, se nourrissant de son univers et de ses mystères pour maintenir notre intérêt. Et de son casting, Asa Butterfield pouvant compter sur les femmes fortes Eva Green (géniale) et Ella Purnell (charmante) pour rehausser un rôle principal un peu terne. Burton s’avère ainsi très à l’aise sur ce registre «merveilleux» (même s’il n’évite pas de nous perdre un chouïa avec son histoire de boucles temporelles, sujet toujours casse-gueule), en tout cas plus que lorsqu’il s’agit de verser dans le X-Men version culottes courtes. En dépit de quelques bonnes idées dont un joli hommage updaté à Ray Harryhausen, la baston n’a en effet jamais été le fort du génie de Burbank, on le sait, et l’absence de Danny Elfman à la musique se fait cruellement ressentir pour insuffler un peu d’épique à l’aventure. Là où on retrouve l’auteur de Sleepy Hollow pour de bon, c’est n’est alors pas tant dans la poésie gothique du récit – présente bien qu’un peu impersonnelle – mais bien dans certaines séquences proprement cauchemardesques, le design des Sépulcreux ou le «festin des yeux» faisant basculer le métrage dans l’horreur pure. Une rareté de nos jours, plus encore dans ce qu’on pourrait prendre pour un blockbuster familial de plus dans la filmographie du réalisateur (hormis Edward aux mains d’argent, regardez les titres qui lui sont accolés sur l’affiche). Rien que pour ça et plus généralement pour un film s’inscrivant sans peine dans le haut du panier de sa catégorie, Miss Peregrine et les enfants particuliers se révèle ainsi un plutôt bon cru pour Burton même si, il faut bien le dire, il y poursuit l’effacement des marques de fabrique de son style (son dernier effort ne vaut pas tant pour la patte qu’il y appose que pour le travail d’adaptation soigné). On verra ce que cette remise en question de l’artiste donnera par la suite…

0203Miss Peregrine's Home For Peculiar Children

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