Critique ciné : Blood Father

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«Le grand retour de Mel Gibson». C’est à dire que le bonhomme a effectivement quelque peu disparu des écrans ces dernières années, rattrapé par son comportement borderline. Mais il était quand même là, dans les parages, s’amusant à jouer le bad guy dans Expendables 3 et Machete Kills ou bien ravivant la gloire d’antan le temps d’un DTV pas honteux (Kill the Gringo). Parler alors de «grand retour» à l’occasion de Blood Father est délicat mais s’il faut bien lui concéder une chose, c’est que Mad Mel n’avait pas trouvé depuis très longtemps un rôle lui collant autant à la peau. Tout y est ou presque : le personnage bad-ass droit dans ses bottes, la famille au cœur de la problématique, la violence sèche et libératrice, et même des petits airs de Mad Max de temps à autre… Ne manquerait plus que Danny Glover ! Plus encore, c’est bien la symétrie se dessinant entre l’acteur et son rôle (en particulier concernant les problèmes d’addiction ou la culpabilité envers les proches) qui lui permet d’être aussi crédible et dense, le mea culpa de l’un étant les explications de l’autre et inversement. Tout en restant digne et plutôt juste. On imagine ainsi fort bien comment Gibson a dû se jeter sur le projet, le scénario inespéré de Peter Craig – auteur du roman original – étant littéralement fait pour lui. Initiateur du métrage avec Wild Bunch et Why Not, le français Jean-François Richet (le diptyque Mesrine) a en tout cas réussi un beau hold-up sur son casting (même la jeune Erin Moriarty aide efficacement à rendre son personnage moins crispant) et ne se repose pas sur cette seule réussite. Toujours efficace et nerveuse, sa réalisation – appuyée par la lumière du fidèle Robert Gantz – confère à la cavale du père et de sa fille une âpreté et un lyrisme typiques du western moderne, offrant au spectacle un standing indéniable. Après, Blood Father n’est pas non plus traumatisant d’originalité, on est face à un «thriller du désert» comme il y en a déjà beaucoup. Ce qui n’est pas vraiment un problème car «le grand retour de Mel Gibson», nous l’attendons en fait plutôt pour novembre prochain et la sortie de Tu ne tueras point, ses retrouvailles avec le poste de réalisateur depuis Apocalypto (dix ans… fuck). Et ça lui fait toujours une bonne petite péloche de plus dans sa filmographie de comédien.

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Une Réponse à “Critique ciné : Blood Father”

  1. mabataille dit :

    J’ai bien aimé les personnages du film : le faux père, le fils indigne, le tueur à gage en mode T800…
    Une péloche pas trop jaune en plus pour un film se passant dans le sud des US. Comancheria s’en charge en ce moment…
    Pas très original mais suffisamment stylé pour réussir le retour de Gibson.
    Quant à sa vie privée, cela ne nous regarde pas !

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