Critique ciné : Star Trek Sans limites

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Parce que l’espace est infini (enfin, je ne suis pas allé vérifier non plus), l’U.S.S. Enterprise ne manquera jamais d’aventures à vivre et malgré donc le départ de JJ Abrams, qui avait brillamment ressuscité la franchise, voici qu’atterrit le troisième film de cette nouvelle génération, Star Trek Sans limites. Pas de problème : le caractère éminemment épisodique de la licence permet très aisément ces passages de relais, l’affirmation de styles plus marqués. Même si pour cela il aurait certainement fallu choisir à la mise en scène quelqu’un d’autre que Justin Lin, connu pour son travail sur les Fast and Furious, qui s’il ne recopie pas à l’excès son aîné (pas trop de lens-flare) et compose même quelques jolis morceaux de bravoure, trouve malgré tout le moyen avec son directeur de la photographie Stephen F. Windon – autre transfuge de la saga aux grosses cylindrées – de sous-éclairer dramatiquement leur film, compliquant ô combien la lisibilité de certaines scènes. C’est à dire que parfois, on comprend mes couilles à ce qu’il se passe à l’écran… Qu’importe, on finit toujours pas se raccrocher aux branches grâce à un scénario plutôt bien foutu, écrit à quatre mains par Simon Pegg (fidèle également au rôle de Scotty) et le téléaste Doug Jung. Tous les personnages trouvent ainsi de quoi exister un peu sans trop en faire non plus, c’est qu’ils sont nombreux dans l’équipage (sans compter qu’ils introduisent un nouveau membre muy sexy, incarné par l’athlétique Sofia Boutella vue dans Kingsman), pendant que l’intrigue ne cède à aucune baisse de régime pour ne pas laisser trop apparaître ses faiblesses. Pensé en fait comme un luxueux épisode de série (la cité spatiale a grave de la gueule), la narration de Star Trek Sans limites perd en ampleur et implications ce qu’elle gagne en efficacité dans une pure logique de one-shot, ce qui paradoxalement l’amène à être un spectacle solide mais en même temps dispensable, ou en tout cas annexe. C’est très probablement l’une des principales raisons pour lesquelles Star Trek aura toujours une année-lumière de retard sur Star Wars en matière de succès publique et c’est un peu regrettable, car les héritiers de Gene Roddenberry ont quand même des choses pas mal du tout à proposer.

1011STAR TREK BEYOND

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