Critique ciné : Dernier train pour Busan

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S’il se réveilla il y a une quinzaine d’années avec des projets dont le caractère extrême bousculait nos habitudes de spectateurs occidentaux, le cinéma sud-coréen s’est depuis internationalisé, assagi d’une certaine façon, conscient du potentiel de ses productions à l’exportation. Dernier train pour Busan en est l’exemple parfait, bon gros film-catastrophe gangrené par la pestilence zombiesque comme on en a tant vu ces dernières années (et ce n’est pas fini). Hormis ainsi quelques petites idées originales (les infectés qui oublient leurs cibles dès qu’ils perdent le contact visuel) desquelles on exclura le postulat de départ, simple relecture ferroviaire de Plane of the Dead, le métrage ne cherche absolument pas à innover dans le genre mais préfère au contraire en respecter scrupuleusement les canons. A l’image comme sur le papier, puisqu’on y retrouve toutes les grosses ficelles du genre et à plein régime qui plus est, du genre à ne pas se contenter d’un seul père de famille avec enfant mais de deux, au milieu de l’habituel groupe hétérogène de survivants… Et pourtant, en dépit de tout ce qui aurait dû le couler, le film fonctionne. Parce que sur cette base ultra-connue, le réalisateur venu de l’animation Sang-Ho Yeon (The King of Pigs) livre en fait un exercice de style admirable, une œuvre carrée où rien n’est laissé au hasard. Un modèle de tension où l’absence de gore est très largement comblée par le ballet des corps, la furie des attaques d’infectés spasmophiles face à la panique de vivants sortis de leur torpeur, de leur immobilisme. Lancé au rythme de son décor sur rails, Dernier train pour Busan n’oublie pas également de profiter du genre pour placer sa charge virulente contre l’individualisme de notre société, les fractures que nous créons pour nous protéger (un discours encore plus lourd de sens dans le contexte de la Corée) quitte à flirter avec le manichéisme. Mais on est là pour faire dans l’efficacité, pas la demi-mesure. Et ça le fait grave.

060708

Une Réponse à “Critique ciné : Dernier train pour Busan”

  1. clicn dit :

    Je viens de voir ce film et je me suis régalée. Même si j’ai trouvé que les personnages sont un peu caricaturaux, le rythme est maintenu du début à la fin. Puis, ce mélange de romance, d’action et d’horreur rend ce long-métrage intéressant.

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