Critique ciné : Comme des bêtes

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Depuis que nous en entendons parler, Comme des bêtes est vendu sur la promesse de découvrir ce que nos animaux peuvent bien faire lorsqu’on les abandonne pour la journée. Comment ils remplissent le vide de notre absence. Une idée toute simple et ayant déjà été plus ou moins abordée par d’autres mais qui, nous l’espérions, irait cette fois plus loin, portée par un métrage assumant pleinement ce défi. Un vrai film sur le vrai quotidien des animaux, voilà qui aurait été inédit. Vous l’aurez alors compris, le nouveau bébé de Illumination (Moi, moche et méchant) n’a pas grand chose à voir avec cela en fin de compte : plutôt que de relever la gageure, il se contente au contraire d’un traitement bien plus classique, un peu dans la veine d’un Toy Story ou d’un Comme chien et chat. Comprenez par-là que les animaux sont ici bien plus que ce que l’on croit d’eux, ils sont capables de prouesses que les humains ignorent et se retrouvent embringués dans des péripéties à faire blêmir un héros de serial. Ce qui peut également être très, très cool – on le reconnaîtra sans peine – mais n’a strictement aucun rapport avec ce qu’on nous a vendu, la bonne idée de départ qui aurait apporté une saine originalité au projet. Fort heureusement, la voie choisie (bien que donc trompeuse et connue) est empruntée avec un talent indéniable. L’odyssée urbaine du petit Max et du gros Duke se fait sur un rythme qui ne faillit jamais, avec un abattage de gags finissant forcément par faire mouche et quelques scènes gentiment spectaculaires, tout ça laissant encore la place à un développement des héros évitant d’être manichéen. Mais surtout, la vraie force de la péloche réside dans sa galerie de personnages secondaires, les animaux du voisinage et plus encore la faction des révolutionnaires clandestins, menés par le démentiel et agressif Pompon le lapin (tellement réussi qu’on peut être à peu près sûr de voir un jour débarquer un spin-off centré sur lui), qui nourrissent un récit sans cela quelque peu anémique. S’il n’est donc pas le film qu’on nous avait annoncé, Comme des bêtes s’inscrit malgré tout dans une plutôt bonne moyenne du film d’animation grâce à son sens du rythme et ses bestioles déchaînées. Mais certainement pas son originalité ni son courage. Dommage.

020304

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