Critique ciné : S.O.S. Fantômes

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Une éternité. Cela fait une éternité que l’on attend un nouveau S.O.S. Fantômes, que l’on nous promet monts et merveilles avant de se prendre dans la tronche déception sur déception. Mais on y croyait. Et aujourd’hui le voilà, le Ghostbusters nouveau, reboot féminin (féministe même) qui souffrira forcément de la comparaison avec une œuvre culte ayant fêté son trentenaire il y a quelques temps. On essaiera alors de ne pas y avoir trop recours, sans quoi il n’y aurait même pas lieu d’argumenter, et de prendre le film pour ce qu’il est… Nan, ça va pas être possible. Bref. Repartant donc de zéro dans un New-York que n’ont jamais visité Gozer ou Viggo, l’intrigue nous présente une nouvelle équipe de casseuses de fantômes réussissant l’exploit d’être presque aussi charismatiques que leurs aînés, par la grâce d’une caractérisation ne se laissant pas déborder par l’improvisation mais s’en nourrissant, les rôles et leurs interprètes étant en parfaite adéquation. Très à l’aise dans la comédie (trois d’entre elles viennent du Saturday Night Live, ça aide, et la réputation de Melissa McCarthy n’est plus à faire), ces femmes de choc et de science affrontent ectoplasmes dégoulinants et mâles dominants – le film n’épargne aucun rôle masculin et surtout pas celui de Chris Hemsworth, perché au point d’en devenir bizarre – sans jamais trop en faire dans le girlie ou le MLF, la force des auteurs du scénario étant justement cette écriture faisant la part belle aux personnages féminins éminemment sympathiques et tangibles malgré leurs extravagances. Soit l’idéal pour constituer une team que nous pourrions aimer au moins autant que la précédente. Reste alors à lui faire vivre des péripéties, et là c’est une autre histoire où le réalisateur Paul Feig et sa co-scénariste Katie Dippold (Les Flingueuses) se révèlent moins convaincants. Car si le script évite l’écueil de la redite totale de l’original, ce que pouvaient laisser craindre les bandes-annonces, il n’arrive jamais pour autant à s’en détacher, que ce soit au travers de sa structure (beaucoup de scènes font écho à celles de 1984) ou d’un fan-service finissant presque par être encombrant. Et lorsqu’il se montre vraiment différent afin de coller à son époque, pour le coup ce n’est pas mieux comme en atteste cette triste histoire de terroriste paranormal, moins classe et finalement moins «crédible» que l’irruption d’un dieu babylonien due à une secte secrète. Les temps changent, et les ghostbusters se transforment un peu en ‘Mystère et Cie’ pour ne froisser personne. D’ailleurs on verse en plein Scooby-Doo 2 : les monstres se déchaînent dès que ça s’agite niveau surnaturel, avec des choix esthétiques douteux annulant les efforts apportés aux effets spéciaux qui en deviennent baveux, écoeurants. De manière générale, on sent en fait que Paul Feig a voulu tenter des choses – c’est louable – mais a un peu fait fausse route dans le délire bariolé. Et si son Spy laissait présager de bonnes choses en matière de spectacle et d’humour cradingue, il n’en demeure que peau de chagrin dans ce produit de studio trop gros pour lui-même. Néanmoins, parce qu’il est parvenu à distiller une alchimie vraiment précieuse avec son équipe de filles, ce S.O.S. Fantômes appelle clairement à une suite qui, libérée de l’héritage du film de Ivan Reitman, pourra enfin laisser exploser le plein potentiel de cette seconde génération. Et permettra de réévaluer ce film-ci par la même occasion. Allez, on y croit. On n’a jamais cessé d’y croire.

Melissa McCarthy;Kate McKinnon;Leslie Jones1112

Une Réponse à “Critique ciné : S.O.S. Fantômes”

  1. cineme dit :

    J’ai apprécié ce film, car les 4 filles sont au top, il y a une réelle alchimie entre elles. J’ai aussi adoré les effets spéciaux, les fantômes sont réussis ! Bref, ce long-métrage vaut le détour.

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