Critique ciné : Ils sont partout

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Effrayé par la situation en France au point qu’on en médiatise son potentiel départ aux States avec femme et enfants, Yvan Attal a décidé de plutôt faire entendre sa voix avec une nouvelle réalisation, Ils sont partout, comédie à sketchs qui se propose de démonter les clichés antisémites à la vie dure dans nos contrées. On en conviendra, traiter un tel sujet avec humour n’est déjà pas évident, et pour le faire encore faut-il être armé pour. Or monsieur l’époux de Charlotte Gainsbourg (veinard) n’est pas spécialement réputé pour être un trublion, ou en tout cas ses films n’en laissent rien paraître. Et celui-ci ne viendra pas changer la donne tant il peine à nous arracher un ou deux sourires en dépit de son casting haut-de-gamme qui avait tout pour dérider (regardez donc tous ces beaux noms sur l’affiche). Le métrage se veut en fait plus désopilant que véritablement marrant et, pas de bol, se foire dans cette entreprise en raison d’un manque flagrant de fantaisie, même quand il va jusqu’à envoyer dans le temps un agent du Mossad pour tuer le bébé Jésus…On rêve de ce que cela aurait donné entre les mains d’un Joann Sfar ou mieux encore un Riad Sattouf. Meilleurs réalisateurs ou en tout cas meilleurs narrateurs, ils auraient certainement su nous épargner ce rythme complètement abscons, englué dans une forme de film à sketchs absolument pas maîtrisée ni signifiante. En conséquence de quoi le temps passe très, très lentement, au diapason d’une mollesse proprement généralisée. Ils sont partout trouve tout de même une vraie sincérité dans les angoisses et questions qu’Yvan Attal se pose mais l’acteur/auteur/réalisateur se prend très au sérieux, beaucoup trop pour les portraits dressés le long des différents segments qui restent bien souvent assez caricaturaux, sans parler de la lourdeur du message. Le film échappe ainsi de peu au discours communautariste grâce aux monologues d’Attal, qui finissent par être les seuls moments (à l’exception d’une très belle scène avec Popeck, franchement émouvante) ressentis comme «réalistes» dans leur propos de par leur mise en abîme. Attal a donc vidé son sac et on espère que ça lui fera du bien, mais pour ce qui est de faire avancer le débat…

020304

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