Critique ciné : X-Men – Apocalypse

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Au détour d’une scène de cet X-Men : Apocalypse, quatre jeunes mutants du début des 80′s s’offrent une virée en ville et, en sortant d’une projection du Retour du Jedi, discutent des trilogies pour en conclure que «les troisièmes épisodes sont toujours les plus mauvais». Rires. Jaunes. Et pas seulement au souvenir du X-Men : L’affrontement final de Brett Ratner, pilonné en règle en son temps, mais bien à la découverte de l’ultime opus de cette seconde trilogie, putain de foirage dans des proportions épiques. Voilà, c’est dit. Il fallait que ça sorte, pour exorciser le sale goût de déception que nous laisse un projet qui avait pourtant tout pour réussir, entre un héritage prestigieux (le classieux First Class et l’ambitieux Days of Future Past) et le retour d’une équipe rodée. Dont le réalisateur Bryan Singer, lequel nous avait toujours donné l’impression d’être relativement maître de ses travaux, de n’accepter que les métrages où il conserverait sa liberté créatrice. Jusqu’à aujourd’hui. Certainement pris ou affaibli par ses récents démêlés avec la justice (on ne voit que ça pour justifier une telle débandade), le cinéaste incontournable de la saga est en effet comme absent derrière la caméra, ce que ne nieront pas une direction artistique hasardeuse (Apocalypse est aussi laid qu’il manque de charisme, dommage pour le génial Oscar Isaac), une absence totale d’iconisation et des scènes d’action sans ambition autre que de plagier tous les autres films-catastrophe à tendance SF, avec à la clé de la destruction massive très chère – on parle d’un budget de plus de 240 millions de dollars, là – et dont on en a strictement rien à battre, les affrontements non-chorégraphiés des mutants au milieu du bordel n’améliorant pas le tableau. En fait, la seule scène vraiment réussie est celle de Vif-argent sauvant les étudiants du Professeur Xavier d’une explosion… une séquence reprise telle quelle du précédent opus, c’est dire le niveau de créativité ayant présidé ici. En dépit donc de la présence (supposée) de Singer aux commandes, X-Men : Apocalypse ne vaut pas mieux que le tout-venant des péloches de producteurs, avec tout ce que ça implique de concessions et démagogie. Comme par exemple lorsque l’on pèche par excès de fan-service. Si, si, c’est très possible. Sans même parler ainsi du trop plein de personnages, une récurrence de toute façon dans le genre, ils parviennent même à foirer leurs clins d’oeil telle cette apparition grotesque de l’Arme X. Au lieu d’y jouer sur le suspense et le non-vu puis la surprise grâce à la mise en scène, ils choisissent de rentabiliser la présence de Hugh Jackman et de le montrer au maximum, quitte à le ridiculiser (voir le casque hideusement transformé). De la bonne grosse décision de producteur à n’en point douter, ou bien peut-être le caprice d’un acteur qui ne désirait pas se déplacer pour rien. Et là on tomberait dans le deuxième travers du métrage, à savoir qu’il se retrouve également piégé par sa logique de star-system. Effectivement, les acteurs les plus bankables – Jennifer Lawrence, Michael Fassbender – sont dans le camp des méchants et ils nécessitent par conséquent de (vains) gros efforts scénaristiques pour expliquer qu’en fait, bah nan, ils ne sont pas si méchants… Et voilà comment on tire encore vers le bas un script déjà bien lourdingue, plein de répliques à la théâtralité maladroite et de gros moments de vide. Chargé de la sorte, X-Men : Apocalypse ne peut dès lors plus s’inscrire que comme le pire épisode de la saga, une aberration dont on se demande comment elle a pu voir le jour en ayant le pourtant talentueux Bryan Singer aux manettes. Putain, ces jeunes mutants avaient peut-être vraiment raison…

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Une Réponse à “Critique ciné : X-Men – Apocalypse”

  1. mabataille dit :

    Je demande 1 minute de silence pour le film en général et le designer d’Apocalypse en particulier.

    240 millions de dollars… aïe !

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