Critique ciné : 10 Cloverfield Lane

10 cloverfield lane_mary elizabeth winstead_john goodman_dan trachtenberg_affiche_poster

Difficile de parler de 10 Cloverfield Lane sans déflorer le mystère sur lequel il repose pour beaucoup. Car si l’on sait que ce projet «high-concept» a été rattaché en cours de création au Cloverfield de Drew Goddard, tout du long on se demande dans quelle mesure ça va être le cas : cela se passe-t-il avant les événements de New-York ? Pendant ou après ? Le monstre géant pourra-t-il être présent dans ce qui semble être un coin paumé au milieu de nulle part, ou alors ses rejetons/parasites ? Ou bien peut-être le ciel va-t-il s’ouvrir et un autre simili-Cthulhu s’en échapper pour balayer toute forme de vie sur Terre ? Comme on pouvait s’y attendre, on va ainsi vouloir sortir du bunker de l’histoire pour trouver une réponse à toutes ces questions mais – et c’est une bonne surprise – pour une toute autre raison également, propre au séjour étouffant que nous allons y passer. Le film se construit en effet sur un huis-clos au point de départ donc plutôt original (il brouille encore les pistes en commençant volontairement comme un ersatz du premier Saw) et relativement bien mené par la suite, dont les retournements et surprises un peu convenus ne nous interrogent pas moins sur notre manière de concevoir et reconnaître le Mal, sur notre manière d’y réagir. De quoi rendre l’intrigue vivante malgré le statisme de la situation, tout comme le fait une mise en scène signifiante (à noter la direction artistique très réfléchie aussi bien pour la claustrophobie que pour faire naître un malaise plus insidieux) et sachant ménager quelques beaux moments de suspense, voire même de flippe comme lors du climax apocalyptique. Remarqué il y a quelques années avec son fan-film Portal : No Escape, le réalisateur Dan Trachtenberg fait ainsi ses premiers pas dans le long-métrage sous la houlette de JJ Abrams et veut montrer qu’il a son propre style, son petit savoir-faire. Evitant autant que faire se peut le lens-flare si cher à son parrain, il s’adonne à quelques séquences de pure mise en scène avec une économie totale des dialogues, raconte son histoire juste par le biais des images et des musiques. Et il s’en sort plutôt en beauté le bougre ! Un talent de narrateur à suivre en somme, surtout s’il continue à s’entourer aussi bien avec un casting réduit où l’on croise de gros noms (Mary Elizabeth Winstead, je t’aime) (et John Goodman aussi, je t’aime) et d’autres prometteurs (John Gallagher Jr, dont l’interprétation nuancée laisse longtemps planer un doute sur la nature de son personnage). Tout un beau petit monde trop fragile pour survivre ensemble, et vient alors l’inévitable moment où l’on sort du bunker… C’est là que 10 Cloverfield Lane arrive à une conclusion qui pourra paraître hors-sujet, en trop, tant on se rattache artificiellement au monster-movie de 2008 de par une continuité étrange dans la mythologie (vous verrez), sans compter que nombre de spectateurs se seraient contentés d’un twist à la Twilight Zone après un huis-clos rondement mené plutôt que d’un deuxième climax à l’échelle et au ton sans commune mesure avec ce qui a précédé. D’un coup, tout ce qu’on imaginait donc du monstre de Cloverfield en devient bien plus pragmatique (vous verrez) et perd franchement en intérêt (vous pleurerez). Enfin, la partie dans le bunker était vraiment pas mal foutue !

020304

Une Réponse à “Critique ciné : 10 Cloverfield Lane”

  1. clicn dit :

    Pour ma part, j’ai apprécié ce film. L’ambiance est à la fois mystérieuse et angoissante. J’ai même sursauté à quelques passages étant donné que j’ai regardé ce long-métrage en streaming sur mon iPad via cette application https://itunes.apple.com/fr/app/playvod-max-films-en-streaming/id1024490133?mt=8 et que j’avais mes écouteurs (j’avais mis le son à fond). En conclusion, je n’ai pas été déçue.

Laisser un commentaire