Critique ciné : The Revenant

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Fin février, la saison des cérémonies. Toujours porté par le succès de son exercice de style Birdman (ne vient-il pas d’être récompensé aux Césars 2016 dans la catégorie «meilleur film étranger» ?), Alejandro Gonzalez Inarritu ne s’est pas reposé sur ses lauriers pour autant et s’est confronté au contraire à un putain de challenge, The Revenant, adaptation du roman éponyme de Michael Punke (lui-même tiré d’une histoire vraie) dont les médias se sont déjà chargés de relayer les conditions de tournage on ne peut plus extrêmes. Dans la veine donc d’un cinéma où réalisme et naturalisme sont indissociables, le film nous plonge dans une représentation crue de la nature – ici le rude grand nord américain – de par la mise en scène caractéristique de Inarritu (rien de tel que les plans-séquences pour créer la sensation de réalisme et d’immersion) et la lumière naturelle magnifiée par l’excellent Emmanuel Lubezki (Sleepy Hollow). Le paysage en devient un protagoniste à part entière, mettant autant à l’épreuve les personnages par son aridité qu’il se joue de nous par les mirages que capte la caméra (par exemple le travelling sur ce qu’on croit être une rivière, au tout début). Parcouru qui plus est de séquences époustouflantes (la première attaque des Arikaras est un véritable sommet de stress) et habité par ses comédiens (tout le buzz autour de Leonardo DiCaprio et son Oscar ne doit pas en faire oublier les prestations de Tom Hardy bien sûr mais aussi de Will Poulter ou Domhnall Gleeson), le long-métrage remplit ainsi sa promesse d’être un western âpre et sauvage, un récit mutique de survival motivé par la vengeance et à la beauté hantée, tout ce que nous vendait en somme la campagne de promotion. Néanmoins, car il y a un gros «nez-en-moins», The Revenant ne peut non plus prétendre satisfaire pleinement, la faute à un réalisateur foutrement talentueux qui paraît pourtant se perdre dans ses prétentions. Non, on ne parle pas de Quentin Tarantino mais bien d’Inarritu, lequel à force de se prendre pour le fils naturel de Terrence Malick et Bear Grylls finit un peu par lasser le spectateur. Parce que la contemplation et les trucs de survivaliste, c’est cool un moment mais ça ne fait pas avancer une intrigue pourtant très simple et ne demandant que ça, d’autant qu’elle se perd encore régulièrement en visions trop symboliques pour apporter une réelle plus-value fantastique (dommage, l’ambiance ouvrait grand la voie à ce genre de traitement). Tout le contraire en fait de Birdman, qui était lui parfaitement abscons mais rythmé au cordeau (l’approche radicalement différente de la bande originale y est également pour beaucoup). Une petite demi-heure en moins aurait été la bienvenue. Si l’on compare alors The Revenant au Gravity du compatriote Alfonso Cuaron, les deux films travaillant sur la même idée de cinéma sensitif et immersif, on comprend par où a péché Inarritu : tandis que l’un fait du grand cinéma sans jamais oublier qu’il le fait pour les spectateurs, l’autre le fait sans jamais laisser de côté son ego de réalisateur à récompenses. Choisissez votre camp, les deux ont du (très) bon. Mais nous, c’est clair, on a fait notre choix.

020304

Une Réponse à “Critique ciné : The Revenant”

  1. clicn dit :

    J’ai vraiment apprécié ce film et Leonardo DiCaprio était au top. Je ne suis pas le seul à le penser. Et pour cause, je l’ai regardé en compagnie de mes amis du réseau social http://www.woozgo.fr/ . Grâce à ce site, j’ai la chance de faire la connaissance de personnes qui ont la même passion que moi : le cinéma.

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