Critique ciné : La 5ème vague

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A priori, on va voir La 5ème vague en pensant découvrir un petit film de science-fiction classique, une bonne vieille histoire d’invasion alien apocalyptico-paranoïaque. Sauf que la campagne de promotion a soigneusement évité de préciser qu’il s’agit en plus de l’adaptation d’une «trilogie de romans à succès», signée Rick Yancey, ce qui le fait rentrer de plain-pied dans la catégorie des Hunger Games et autres Divergente. Une information anodine ? Foutre non, car cette incursion de Sony/Columbia dans l’exercice suit à la lettre le modèle de ses grandes sœurs aussi bien esthétiquement (le production design manque franchement d’inspiration) que narrativement, et bien sûr ça ne pèse pas lourd dans la balance. Sans originalité dès son postulat, l’intrigue s’embourbe donc copieusement dans les considérations fleurs bleues au point d’éclipser un temps l’urgence des enjeux premiers, comme si avoir pour personnage principal une jeune femme condamnait à naviguer dans les eaux sirupeuses de la romance teenager, avec le triangle amoureux de rigueur. Sérieux putain, le triangle amoureux… Y a-t-il figure scénaristique plus moisie que celle-là ? Alors il est vrai que ce premier chapitre n’insiste pas encore trop là-dessus (la suite potentielle s’en chargera à n’en point douter) mais déjà, nous devons nous coltiner plusieurs scènes bien lourdingues d’émois adulescents, qui plus est interprétées par des comédiens qui se confondent physiquement avec les héros des autres films (même Chloë Grace Moretz ressemble au tout-venant des jeunes actrices hollywoodiennes, tristesse) pour un résultat qu’on a alors forcément déjà subi ailleurs. Une autre partie du film s’intéresse elle aux enfants que l’armée recrute comme soldats pour lutter contre les aliens, une idée qui aurait pu être intéressante (d’autant qu’elle évite le pamphlet réac’ contre les jeunes désensibilisés et rendus manipulables par les médias modernes) si La 5ème vague savait rendre compte du temps qui passe, or tout donne ici le sentiment d’aller vite, très vite. On peut y voir une volonté du réalisateur J Blakeson – qu’on ne remerciera jamais assez pour avoir mis littéralement à nue Gemma Arterton dans La Disparition d’Alice Creed – de dynamiser un récit pantouflard et hautement prévisible (on en a croisé peu des twists à ce point grillés à l’avance) sauf que même avec la meilleure volonté du monde, lorsqu’on a rien à filmer, eh bien on filme du rien. Et ce n’est évidemment pas le plus passionnant qu’on puisse contempler dans une salle de cinéma. En s’inscrivant donc dans un courant de base pas très folichon et en le faisant qui plus est sans avoir grand chose à raconter, n’est pas Le Labyrinthe qui veut, La 5ème vague n’a en définitive pas grand chose pour lui et vu le peu d’enthousiasme qui l’entoure, ne devrait pas voir sa suite portée à l’écran. Personne n’ira s’en plaindre.

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Une Réponse à “Critique ciné : La 5ème vague”

  1. clicn dit :

    Comme j’avais apprécié le livre, j’attendais de voir le film, mais j’aurais dû m’abstenir. J’ai trouvé que les personnages manquaient de crédibilité et le scénario était lent.

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