Critique ciné : Dofus – Livre 1 : Julith

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Tandis que les influences de l’étranger sont de mieux en mieux digérées par nos petits artistes français (voir le succès toujours croissant d’un Last Man ou la réussite plus ancienne de Oban : Star Racer), le studio Ankama participe de plein pot à ce mouvement depuis le début des années 2000, avec la sortie du jeu vidéo Dofus qui n’a depuis cessé d’étendre son univers par-delà les médias. Série animée, bande dessinée, jouets… il ne restait plus au «Krosmoz» (l’univers fictif de la saga) qu’à exister sur grand écran, chose faîte désormais avec Dofus – Livre 1 : Julith. Et c’est en fanfare qu’il y fait son arrivée car s’il est toujours plaisant de découvrir un film d’animation hexagonal (ne serait-ce qu’en tant que preuve de la santé du milieu), ce n’est pas souvent qu’ils se montrent à ce point ébouriffants ! Sans rire, et sans aller non plus jusque dans les expérimentations d’un Takeshi Koike (Redline), il est très rare de croiser une telle vitalité en animation, un tel rendu de vitesse et fluidité. Sans cesse en mouvement, la caméra épouse en fait des personnages plein de vie, au design élégant et mignon (une des marques de fabrique d’Ankama) mais également capables de prouesses physiques qu’ils mettent sans arrêt à l’épreuve, en particulier lors de scènes d’action épiques à se décrocher la mâchoire. Parce que tout ça bouge, beaucoup, tout en restant néanmoins toujours lisible (le combat de Kérubim contre Julith a dû être à ce titre une sacrée gageure) et beau grâce à un sens très affirmé de la composition iconique. D’ailleurs, revenons un moment sur ces influences de l’étranger par lesquelles nous débutions et qui ont inspiré à Anthony «Tot» Roux et ses collègues ces magnifiques visions : qu’elles soient asiatiques, américaines ou européennes, tous médias confondus, toutes ces cultures se retrouvent ici unifiées en un mix d’une homogénéité absolue, aboutissant à la création d’un univers propre à Ankama qui bénéficie en même temps pleinement des forces de ses modèles et lui permet les écarts les plus fous, des plus absurdes (le slip… vous verrez) aux plus sombres. Quand on vous dit ainsi que c’est ébouriffant, vraiment, c’est que le film va à 100 à l’heure, brasse les idées à tour de bras sans jamais se départir de sa cohérence ni perdre de vue sa ligne directrice, une intrigue simple en apparence mais solide et – plus important encore – racontée avec une sincérité indéniable, une croyance profonde en ses personnages. Le climax, hormis la maestria de son action, est par exemple admirable pour la manière qu’il a de faire surgir une émotion vive en plus du spectaculaire, ces deux éléments se nourrissant simultanément l’un l’autre. Du grand art, propre à rejoindre Chasseurs de dragons dans les cimes de l’anim’ française. Accessible qui plus est même à ceux ne connaissant pas déjà la création d’Ankama (nous sommes semble-t-il face à une préquelle), Dofus – Livre 1 : Julith en constitue donc une porte d’entrée flamboyante qui saura rallier de nouveaux fans et contenter les anciens car il s’agit en toute simplicité d’une véritable petite bombe d’animation. Alors ne perdez pas de temps les gars et mettez tout de suite en chantier le Livre 2, parce qu’on a hâte de voir jusqu’où vos influences vont encore vous (et nous) mener !

020304

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