Critique ciné : Legend

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Il faut se méfier des phrases d’accroche sur les affiches. Pensées pour nous mettre l’eau à la bouche au cas où le seul visuel ne suffirait pas, elles peuvent donc aussi parfois nous tromper, nous induire en erreur, comme par exemple lorsque celle de Legend fait le lien avec L.A. Confidential et Mystic River (voyez ci-dessus), précédents travaux du réalisateur Brian Helgeland en tant que scénariste. Deux cadors de leurs catégories, un polar et un thriller majeurs auxquels il est toujours flatteur d’être rattaché. Et même s’ils n’appartiennent pas aux mêmes genres (Legend est un pur film de gangsters, genre bien à part), il est vrai que l’on peut jeter des ponts entre ces différentes œuvres, ne serait-ce que dans la qualité d’écriture, l’art de dépeindre des personnages humains aux facettes multiples, plongés dans un monde de violence dont ils sont loin d’être les victimes innocentes. Ouais, rien que ça. Mais s’il fallait vraiment dévoiler une parenté entre son dernier film et l’un de ses travaux antérieurs, ce serait avec le Payback scénarisé et réalisé par ses soins en 1999, excellent petit polar un peu oublié aujourd’hui et où Mel Gibson dépotait grave. En effet, comme lors de celui-ci, Helgeland se laisse aller à exprimer pleinement son humour le plus noir, sans tabou, ce qui donne à son portrait de jumeaux rois de la pègre dans le Londres des 60′s un cachet bien particulier. En cinéaste à l’approche toujours ludique, proche d’un Shane Black (Kiss Kiss Bang Bang) d’une certaine manière, il nous livre ainsi un récit de rise & fall plutôt classique dans ses mécaniques mais émaillé de séquences mémorables, de celles qui rendent vivante une intrigue par-delà sa prévisibilité. Son portrait du banditisme de l’époque s’avère un savant mélange entre reconstitution historique et cinéma de genre, où le bigger than life de la vie des Kray trouve une place toute naturelle sans jamais oublier la fibre humaine derrière le crapuleux et la comédie, le drame de ces êtres condamnés par leur environnement et – plus insidieux – par l’amour indéfectible qu’ils portent à leurs proches. A ce titre il faut alors bien sûr noter l’extraordinaire performance double de Tom Hardy, à l’affiche d’un des plus gros cartons et meilleur film de 2015 (MAD MAX !!!) et pourtant toujours relativement inconnu du grand public tant il aime (et excelle) à se métamorphoser d’un film à l’autre. Pas forcément physiquement d’ailleurs, mais il ne joue jamais deux fois de la même façon et cela s’avère sacrément payant avec Legend puisque pas une fois on ne remet en cause la réalité propre à chacun des frères qu’il joue, jamais ils ne se confondent dans leur interprète commun. Il ne faut donc pas toujours (jamais ?) faire confiance aux phrases d’accroche, elles peuvent nous tromper : Legend vaut encore mieux que ce qu’on nous annonce !

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2 Réponses à “Critique ciné : Legend”

  1. Mabataille dit :

    Jolie critique bien écrite pour un film qui semble bien porter son titre. Heureux d’apprendre que cette suite spirituelle de Double Impact a complètement dépassé le script de son prédécesseur.

  2. pitouwh dit :

    Tu ne crois pas si bien dire : il y a ici une scène de baston entre les deux frangins que n’aurait pas renié le JCVD de Double Impact. Et Replicant. Et Timecop…

    Au passage, je viens de me rendre compte (ah, mes dons d’observation…) que la véritable phrase d’accroche de l’affiche, « Même la mafia a ses légendes », est quand même sacrément pourrie. Ou débile en tout cas : bien sûr que la mafia a ses légendes, c’est un petit peu un milieu qui fonctionne un chouïa sur la réputation et la gloriole, non ? Enfin je m’en fous, ça va dans le sens de ma critique (ouf, sinon j’aurais vraiment eu l’air con).

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