Critique ciné : Le Voyage d’Arlo

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Tombé de son piédestal depuis que le rachat par Disney est devenu effectif, impliquant beaucoup plus de changements dans la politique de production qu’ils voulaient bien le reconnaître, le studio Pixar nous a malgré tout rappelé ses grandes heures il y a peu, le temps d’un magnifique Vice-Versa dont nous pressentions le caractère désormais rare. Plus forts que Madame Soleil, nous avions vu juste puisque leur nouveau film, Le Voyage d’Arlo, est disons-le tout de go loin d’être leur meilleur cru. Sans tomber aussi bas qu’un Cars 2 (putain, qu’est-ce que je le déteste celui-là), il faut ainsi bien reconnaître que nous sommes clairement dans le cas de figure Rebelle, où Pixar se contente d’appliquer sagement une formule disneyenne sans chercher à aller plus avant. Se contente de raconter une gentille petite histoire au lieu de nous pondre un conte moderne instantanément classique. De l’idée plutôt rigolote – attention hein, on n’a pas dit «originale» – des dinosaures ayant échappé à la météorite qui aurait dû les exterminer il y a 65 millions d’années, le réalisateur Peter Sohn (le court Passages nuageux) et son pool de scénaristes n’en sortent donc rien de très notable, ne construisent rien dessus pour enrichir leur propos. Très bien, on comprend qu’ils aient voulu montrer des dinosaures ayant plus ou moins atteint l’équivalent de nos 18/19ème siècles pour les plonger dans une aventure typiquement western mais alors justement, pourquoi avec des dinos ? Pourquoi partir sur une idée aussi riche de potentiel si c’est pour strictement rien n’en faire ? On avait déjà vu au travers des bandes-annonces que le design des sauriens répondait davantage à des critères de cartoon qu’à une réflexion sur l’évolution des espèces mais ça va en fait au-delà de ça, le métrage se gardant bien d’extrapoler ou même inventer quoi que ce soit afin que l’univers et le postulat correspondent, que tout ça soit justifié d’une façon ou d’une autre. Par exemple, la famille du jeune héros farouche possède une chaumière mais on ne nous montre quasiment pas (voire pas du tout) l’intérieur, et encore moins comment ces longs-cous y rentrent ! Aux chiottes la cohérence, et avec elle l’intelligence qui caractérisait les productions du studio mené par John Lasseter. Même l’idée de faire de l’être humain – le tout mimi Spot – un chien pour les dinosaures n’apporte rien du tout sur un plan thématique, on se contente d’une relation de buddy movie sans le moindre enjeu dramatique… A peine une parodie de Lassie… Ajoutons à cela une réalisation manquant franchement d’ampleur (comparez la scène de stampede avec celle du Roi Lion… oui, ça fait mal) et le seul vrai fait de gloire du gentillet Voyage d’Arlo sera alors ses décors, une nature merveilleusement recréée et dont le photo-réalisme n’empêche pas une magnificence à couper le souffle. Voilà, si le voyage initiatique du petit dino ne vous passionne pas plus que ça, vous pourrez toujours vous décrocher la mâchoire en matant les paysages. Et l’eau, putain, l’eau !

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Une Réponse à “Critique ciné : Le Voyage d’Arlo”

  1. clicn dit :

    J’ai apprécié Le Voyage d’Arlo, car c’est rythmé.Du coup, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Aussi, c’est poétique, drôle et émouvant. Je trouve également que les personnages sont intéressants et les paysages beaux, tout comme la musique.

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