Critique ciné : Star Wars 7 – Le Réveil de la Force

star wars 7_reveil de la force_the force awakens_john boyega_daisy ridley_jj abrams_affiche_poster

Ayant installé une sacrée épée de Damoclès au-dessus de sa tête lorsqu’il accepta de reprendre le flambeau pour ce Star Wars 7 : Le Réveil de la Force, JJ Abrams (déjà responsable du renouveau de Star Trek) a choisi d’aller à fond dans la veine de la première trilogie pour s’éloigner au maximum de la prélogie tant décriée, brosser les fans de la première heure dans le sens du poil. On a ainsi bien sûr tous entendus parler de ses efforts pour avoir le moins possible recours aux CGI, leurs préférant effets pratiques et décors réels pour un résultat absolument stupéfiant de patine et personnalité, mais ça ne se limite pas à cela. S’il a effectivement dû modifier sa mise en scène pour mieux intégrer le film au style de la saga (pour un temps il a fait le deuil du lens flare), ce n’est pas tant pour se caler sur le travail de George Lucas que sur celui de Steven Spielberg, son véritable maître à penser. Un choix dont le remercieront tous les cinéphiles tant cela le pousse à faire preuve d’un sens exacerbé de la dramatisation, à savoir mettre en place les situations tout en racontant son histoire. Une histoire qui marque là aussi franchement sa différence avec la prélogie. Là où Lucas – dans un mouvement similaire à ce qu’il fit avec les images de synthèse – voulait développer et explorer son univers au-delà des limites du raisonnable, complexifiant plus que de raison son intrigue, Abrams et son co-scénariste Lawrence Kasdan prennent le pas inverse pour revenir à quelque chose de plus proche de l’épisode 4, plus mythologique et moins politique. Il n’y a qu’à comparer les résumés défilants du début pour mesurer combien les enjeux ont été resserrés afin d’abandonner tous les délires de corporations, assemblées et autres blocus. Ici, on va vraiment suivre l’aventure à échelle humaine, incarnée par une nouvelle garde ayant tout à fait le potentiel de porter la nouvelle trilogie sur ses épaules. C’est donc un épisode qui va clairement faire plaisir aux vieux de la vieille (il y a vraiment des moments à pleurer de joie, comme la première apparition des X-Wings) et les réconcilier avec leur franchise préférée, pensé dans ce but, sauf que la manœuvre a ses limites. C’est par exemple bien beau de tout vouloir faire en réel mais si c’est pour refaire ce qu’on a déjà vu, est-ce bien la peine ? Une remarque concernant surtout les différentes planètes visitées, calques quasi-identiques de celles croisées dans les précédents films : tant pis pour le dépaysement. Plus gênant encore, si c’est un vrai régal que de revivre les grands moments de Un nouvel espoir dans un film qui en prendrait presque des allures de remake, entre scènes-miroirs et structures similaires, on peut se demander s’ils pourront poursuivre dans cette voie pour les épisodes suivants. Surtout qu’on devine plutôt rapidement tous les tenants de celui-ci (heureusement que le sens du spectacle d’Abrams permet quand même à la sauce de prendre). Enfin, après tout, les kids vont adorer corps et âme Star Wars 7 : Le Réveil de la Force et le cycle va reprendre, parce que la magie est bien là et sait même toucher nos cœurs de vieux fanboys blasés. Néanmoins, pour aller au-delà de cet énorme kif nostalgique et nous couper le souffle comme à l’époque (si c’est encore possible, mais c’est une autre question), il faudra vraiment que cette nouvelle trilogie créé sa propre mythologie, bâtisse sa propre légende. Rendez-vous est pris pour 2017, afin de voir si Rian Johnson (Looper) saura amorcer ce tournant.

020304

Une Réponse à “Critique ciné : Star Wars 7 – Le Réveil de la Force”

  1. blogueue dit :

    Je comprends que le réalisateur ait voulu garder le même esprit que Lucas, mais je trouve que ce 7e épisode ressemble trop à la trilogie originale.

Laisser un commentaire