Critique ciné : Les Nouvelles aventures d’Aladin

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Le cinéma français étant ce qu’il est, on le sait peu enclin à parier sur des grosses productions – c’est à dire un tant soit peu spectaculaires – et lorsque c’est le cas, on ne peut pas dire qu’il fasse franchement dans l’originalité. Parce que miser ses deniers sur un nom connu c’est toujours plus rassurant que de parier sur l’audace, d’où des projets décoiffants d’innovation tels La Belle et la Bête de Gans, Robin des bois, la véritable histoire et aujourd’hui Les Nouvelles aventures d’Aladin, véhicule pour la star montante Kev Adams (qui continuera de gagner ici des points auprès de son public). Autant dire que le projet n’a donc qu’un intérêt tout relatif, et c’est sans surprise qu’il n’en éveillera guère plus. Doux euphémisme. Tout juste remplit-il son contrat de comédie en nous faisant rire en plusieurs occasions, parfois même de très bon cœur grâce à quelques gags vraiment bien foutus (le second degré méta fait des irruptions aussi inattendues que bienvenues, avec même des petits airs d’Astérix) ou répliques assénées avec ce qu’il faut de malice (la variation sur le célébrissime «je suis ton père» vaut son poids en choco BN). Et il serait dommage qu’il n’en aille ainsi avec un tel casting, où l’on croise quelques très bons seconds rôles – pas forcément les acteurs les plus connus d’ailleurs – au sommet desquels trône William Lebghil, l’un des nos meilleurs jeunes acteurs actuels avec Vincent Lacoste (c’est fou comme ces mecs peuvent rendre n’importe quoi marrant sans se forcer). Et passées cela, ces quelques joyeuses marrades, que reste-t-il aux Nouvelles aventures d’Aladin ? Rien que la triste vacuité du désert de la comédie française, comme on pouvait décemment s’y attendre de la part d’un métrage à ce point novateur. Si elle sait ainsi se montrer parfois efficace dans le rythme de la comédie, la réalisation est par exemple d’une platitude navrante quand on ne tombe pas dans le carrément embarrassant (le faux clip digne d’un bricolage amateur sur Youtube), entachée qui plus est par des effets spéciaux baveux dès qu’il s’agit d’être un peu ambitieux. Tout ça est donc plutôt moche (on se croirait devant une resucée du Iznogoud de Braoudé) et pas des plus malins si l’on attarde un peu sur son scénario : le personnage de la princesse qui est à baffer de nullité, le recours totalement gratuit à une narration intra-diégétique, l’abandon complet du peu de thématiques que soulève l’intrigue… En gros, seuls les gags font vivre l’histoire (d’où la question «quelle histoire ?»). Enfin, il faut certainement s’estimer déjà heureux de ne pas avoir eu droit à une simple resucée live du Aladdin de Disney, ce que laissait fortement présager la bande-annonce, mais quelle tristesse que de voir le cinéma français continuer à s’embourber dans ce genre de projet tiède, calculé, tandis que ceux réellement originaux ou détonants moisissent dans l’esprit de cinéastes frustrés. Et comme on comprend leur frustration…

020304

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