Critique ciné : Seul sur Mars

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Multipliant les longs-métrages à une cadence proprement hallucinante (on sait combien il est dur de monter ne serait-ce qu’un projet, même pour un réalisateur bankable, alors un par an !), Ridley Scott garde toujours un appétit certain pour l’espace et entre deux Prometheus, il a ainsi dérobé Seul sur Mars à la barbe de Drew Goddard (qui reste ici crédité en tant que scénariste), récit à la Robinson d’un cosmonaute abandonné par erreur par son équipe sur la planète rouge. Seul au monde dans l’espace, quoi. Un postulat de hard science pas très novateur à priori mais ayant malgré tout pour lui une rigueur scientifique – justement – pouvant rehausser l’intérêt de l’ensemble. Non pas qu’on pousse l’instinct de survivaliste jusque-là («sait-on jamais, si un jour je me retrouve coincé là-bas») sauf que selon les lecteurs du roman original de Andy Weir, c’est précisément là-dessus que l’histoire bâtit ses plus grandes qualités, le simple rapport sur la culture des patates martiennes y prenant semble-t-il une dimension aussi épique que drôle. Et on retrouve tout à fait cela dans le film de Scott qui, loin de prendre le parti du mélodrame, s’attache au contraire à dynamiser l’ensemble, à le rendre toujours plus cool sans tomber pour autant dans le racolage. Une réussite due aussi bien au scénario de Goddard que donc à la mise en scène énergique de Scott et plus encore au solitaire Matt Damon, lequel sait converser avec les pommes de terre sans être ridicule ou débiter des cours entiers d’astrophysique sans nous soûler ou nous paumer. Néanmoins, ceci ne concerne que la moitié du métrage car en bonne œuvre pro-NASA (il faut voir comme la question du budget n’est jamais abordée, parce qu’on est bien évidemment au-dessus de ces basses considérations), Seul sur Mars n’oublie pas les équipes au sol et leurs tentatives de sauvetage, les brainstormings tournant au débat, en un traitement bien plus classique que la partie martienne. Avec des personnages au mieux génériques, au pire crispants, en dépit de la qualité et l’implication évidentes du casting. Les longues conversations autour de chiffres et projections n’ont alors plus le même impact, elles nous laissent à l’extérieur quand les monologues de Damon nous sont en fait directement adressés par la réalisation elle-même, en conséquence de quoi ces séquences terrestres cassent le rythme et finissent par ennuyer un chouïa, il faut bien le dire. Un peu comme un film de guerre peut être pénalisé par le soutien trop présent de l’armée, le dernier Scott traîne donc son accord avec l’agence aérospatiale américaine comme un boulet, le contraignant à rentrer dans un cahier des charges lénifiant, et on rêve alors à ce qu’aurait pu être ce Seul sur Mars s’il était allé au bout de son concept et avait suivi le seul point-de-vue de Matt Damon. Peut-être ont-ils eu peur de trop ressembler à Moon ou Gravity ? Dommage pour l’originalité, ils ressemblent au final à Appolo 13 et Space Cowboys… Allez Ridley, penche-toi sur Prometheus 2 (aka Alien : Paradise Lost) pour de nouveau nous faire frissonner avec les étoiles !

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Une Réponse à “Critique ciné : Seul sur Mars”

  1. stephanie dit :

    Je viens tout juste d’installer un home cinéma chez moi grâce à la réserve de mon crédit renouvelable https://www.youtube.com/watch?v=fEZNWb1ZR1k . Ce sera l’occasion rêvée de déguster ce film en haute définition :) . Je vais inviter quelques amis à la maison, pour une superbe soirée DVD. Bonne fin de semaine !

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