Critique ciné : Le Labyrinthe – La Terre brûlée

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Dans la masse des adaptations de romans pour ados où dominent – pécuniairement parlant – les sagas Hunger Games et Divergente, Le Labyrinthe s’était inscrit comme un représentant véritablement rafraîchissant, alliant une énergie folle à une rigueur d’écriture trop rare (pour ne pas dire absente) dans la catégorie. Récompensé par un bouche-à-oreille très positif et un joli succès surprise en salles, le deuxième volet de la trilogie imaginée par l’écrivain James Dashner arrive donc aujourd’hui en salles et, ô glorieuse joie, il est largement à la hauteur de son prédécesseur ! Le Labyrinthe : La Terre brûlée en reprend en effet toutes les qualités et n’oublie pas au passage de respecter la sacro-sainte règle de toute séquelle qui se respecte, à savoir doubler la dose de spectacle. De retour derrière la caméra après avoir fait ses premières armes en format long sur le précédent, le réalisateur Wes Ball continue ainsi de nous en mettre plein la vue, usant du moindre dollar (on parle d’un budget d’à peine plus de 60 millions de dollars, ce qui est riquiqui comparé au blockbuster moyen actuel) pour donner à son film un cachet indéniable. Tout ça a franchement de la gueule et plus encore lorsqu’il s’essaie à diversifier les genres, comme durant ces séquences de poursuite énervées où l’on bascule dans l’horreur pure, avec des infectés («fondus» les appelle-t-on ici) qui n’ont presque pas à rougir en férocité face aux zombies de L’Armée des morts (on boulotte quand même beaucoup moins en gros plan ici). Et encore une fois, le jeune cinéaste fait preuve d’un sens du rythme tout simplement ébouriffant : on avait déjà décelé ce savoir-faire dans le premier chapitre ou son court-métrage animé (disponible en bonus sur Le Labyrinthe) et il prend ici une dimension encore supérieure, le métrage réussissant l’exploit de ne jamais relâcher la cadence sur ses deux heures et des bananes de durée tout en racontant néanmoins son histoire proprement. Une gageure d’autant plus ardue qu’il s’agit d’un épisode de transition dans la saga ; sauf que là encore, Ball peut s’appuyer sur les qualités scénaristiques exemplaires de T.S. Nowlin, petit nouveau à Hollywood qui a su s’approprier les romans de Dashner et n’a pas hésité à les remanier, souvent en profondeur mais toujours dans un soucis (atteint) d’efficacité. Plus que de retirer les éléments les plus incongrus du matériau d’origine (par exemple la télépathie ou ces boules d’argent liquide qui dévorent les têtes…?) ou d’atténuer les plus lourdingues (le «putain de sa mère de» triangle amoureux), ils ont ainsi pris l’excellente initiative de piocher dans le troisième tome pour mieux lui préparer le terrain tout en affinant la cohérence thématique et narrative de la série. Reste juste à voir ce qu’ils vont faire de l’ambiguïté morale propre aux livres, La Terre brûlée en faisant effectivement peu cas. Bravo donc quand même les gars pour nous avoir prouvé – à deux reprises déjà – que les adaptations de teen-lit ne sont pas condamnées à répéter inlassablement les mêmes tares et puisque Le Labyrinthe : Le Remède mortel est déjà en chantier (rendez-vous pris pour février 2017) avec la même équipe, une chose est sûre, nous ne sommes pas prêts de sortir du labyrinthe !

060708

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