Critique ciné : Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E

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Avant de s’attaquer à une adaptation du mythe arthurien (Knights of the Roundtable : King Arthur) qu’il zieute depuis 2010 et après avoir revitalisé la figure de Sherlock Holmes, Guy Ritchie dépanne la Warner Bros en transposant la série des 60′s Des agents très spéciaux sur le grand écran, projet qui traînait sur les étagères depuis plus de vingt ans. En retard donc sur la mode des adaptations de shows TV (ce qui n’est peut-être pas un mal en fin de compte), le film évite pourtant de renarder la naphtaline – comme s’il fallait en douter – grâce à l’énergie bien connue du réalisateur britannique, qui rendrait captivante une sortie 3ème âge à Dunkerque. Une frénésie en ayant malgré tout saoulé plus d’un et qui continuera alors de le poursuivre avec Agents très spéciaux – code U.N.C.L.E, certaines de ses figures de style préférées virant franchement à la parodie à force d’excès (les split-screens, les flashbacks explicatifs), mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas lui reconnaître un talent souvent flamboyant, notamment lors de séquences à la rythmique implacable au point que la musique se fait toute-puissante ou encore que nous acceptons – et embrassons – même les idées les plus grotesques (Napoleon Solo casse-croûtant tandis que son compère se fait rudoyer, le maître es-torture racontant sa vie avec photos à l’appui). C’est là un des tours de passe-passe habituels du cinéma de Ritchie et ce qui sauve la péloche d’un scénario particulièrement passe-partout (même pour une origin story), de la même manière que ce punch de la mise en scène – couplé à une touche 60′s bien sentie – rattrape une photo parfois trop sombre. La vraie force du film se trouvera toutefois sans conteste dans son duo d’acteurs principaux, Henry Cavill et Armie Hammer. Pas tellement d’ailleurs dans leurs interactions, l’intrigue les séparant plus souvent que ce à quoi nous ont habitué les buddy movies, mais bien dans le charisme et la classe que dégagent leurs personnages chacun dans son style (avec pour seul regret que Kuryakin n’ait pas droit lui aussi à son portrait en bonne et due forme), accompagnés qui plus est par un premier rôle féminin qui n’en démord pas face à eux (Alicia Vikander, vue récemment dans Ex Machina). S’il ne nous mettra donc pas une grosse claque comme le récent Kingsman (Vaughn rules !), Agents très spéciaux – code U.N.C.L.E s’avère être tout de même un film d’espionnage chic et choc, drôle et enlevé, qui vous fera passer un moment relativement agréable pour peu que vous ne soyez pas allergiques au style de Guy Ritchie. Ni d’ailleurs des gros fans de la série originale, les libertés prises avec celle-ci pouvant déranger.

020304

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