Critique ciné : Everest

everest_josh brolin_jason clarke_jake gyllenhaal_baltasar kormakur_affiche_poster

Les exemples de films de montagne où ça part en cacahuète ne manquent pas, les spectateurs ayant toujours été friands de ce genre de spectacle (certainement parce que «la montagne, ça vous gagne» ou quelque chose de la sorte). Alors forcément, quand débarque Everest en glorieuse 3D, on s’attend à un certain nombre de choses. Déjà, que la péloche intègre en toute logique le genre du survival, l’extrême rudesse de la nature étant un terreau parfait pour faire retourner les humains à la bestialité. Puis, vu le contexte du récit (la démocratisation excessive du tourisme sur le toit du monde), à ce qu’elle nous fasse la démonstration de la suprématie de la nature sur les misérables petits humains que nous sommes, voire même pourquoi pas qu’elle se pose comme une relecture du mythe d’Icare. Y avait à faire, quoi. Et si tout cela est bien présent d’une certaine manière dans le métrage, ça ne constitue en réalité qu’une maigre toile de fond, le cœur de Everest étant ailleurs. On est donc surpris, mais est-ce forcément une bonne chose ? Tout dépendra en fait de votre taux de tolérance au mélodrame car c’est bien dans ces strates que le film a choisi de s’aventurer, et avec entrain qui plus est. Inspiré d’un fait réel (un drame s’étant déroulé en 1996), il n’ose ainsi jamais prendre parti et s’attache à brosser tout le monde dans le sens du poil, histoire de ne pas chagriner les familles des disparus. Alors oui, les personnages sont plutôt bien dépeints et interprétés par des acteurs de premier choix (Josh Brolin, Jason Clarke, Emily Watson, Jake Gyllenhaal… putain de casting), ce qui aide assurément à donner vie au récit, mais tout ça est en définitive trop larmoyant et policé pour réellement nous accrocher. Sans compter que le film n’a dès lors plus rien à raconter si ce n’est la chronique désespérément plate d’existences humaines, un peu comme ces films de guerre modernes où l’on se contente seulement d’ériger en modèle de bravoure les mésaventures dramatiques de certains. De la reconstitution bête et simple, sans saveur. Ce sera d’ailleurs dans son aspect «documentaire» qu’il s’avérera le plus intéressant, en particulier dans sa description de la logistique pour amener le tourisme en des lieux si reculés. Mais rien qu’un reportage sur France 3 n’aurait tout aussi bien pu faire. Restent alors quand même quelques vertigineux moments durant lesquels la 3D remplit joliment son office, ce qui ne suffira toutefois pas à porter Everest vers les cimes du genre.

020304

 

Une Réponse à “Critique ciné : Everest”

  1. Stephanie dit :

    Étant fan de Jake Gyllenhaal, j’ai vraiment hâte de découvrir ce nouveau long métrage. Je sens que ce sera excellent !

Laisser un commentaire