Archive pour septembre, 2015

News en vrac : Don Quixote, Men in Black, John Wick 2…

28 septembre, 2015

Cela faisait une éternité qu’elles avaient disparu dans les limbes de ma fainéantise (putain, 4 ans et demi quand même) mais voilà, les «News en vrac» sont de retour ! Pour combien de temps et à quelle fréquence, on ne sait pas encore, alors profitons-en pendant qu’on peut !

- Rien de tel qu’une mauvaise nouvelle pour se retrouver donc commençons avec le nouveau coup dur rencontré par The Man Who Killed Don Quixote de Terry Gilliam. Oui, encore bordel de merde. Sauvé de l’oubli l’année dernière par l’arrivée de Amazon Studios au financement, le film pourrait de nouveau se retrouver dans l’impasse depuis que son acteur principal, John Hurt, s’est vu diagnostiqué un cancer du pancréas. Triste nouvelle à tous les niveaux.

- Plus joyeux, en pleine promo de son Steve Jobs, Danny Boyle a relancé l’arlésienne Trainspotting 2 (intitulé un temps Porno en référence au livre dont il s’inspire) et affirme aujourd’hui avoir un script aux petits oignons et un créneau pour réunir les acteurs de l’original, en début d’été prochain. Le hic, c’est qu’il parle également d’une sortie durant cette même année 2016, pour célébrer les 20 ans du premier… Bon, bah perds pas de temps Danny, t’as du taf’ devant toi !

- S’il y en a qui ont encore en travers du gosier le remplacement complet de l’équipe pour Ghostbusters 3, voilà peut-être de quoi faire passer un peu la pilule : le réalisateur Paul Feig a annoncé officiellement que ses casseuses de fantômes croiseraient la route de… Dana Barrett, soit Sigourney Weaver venue pour un petit caméo ! Quoi, comment ça on s’en fout et ça ne change rien ?

- Parce qu’il n’y a rien de tel qu’un petit reboot quand on n’a aucune idée, la série Men in Black aura droit au sien dans un futur proche comme viennent de le confirmer les producteurs Walter Parkes et Laurie MacDonald (chez qui on vient comme on est). Tant qu’à faire il s’agira d’une nouvelle trilogie et la grosse news du jour, c’est que Will Smith ne devrait pas participer au bouzin… En même temps, puisqu’il s’agit d’un reboot, c’est un peu normal…

- Parce qu’il n’y a rien de tel qu’un petit reboot de reboot quand on n’a vraiment, mais vraiment aucune idée, Matt Damon va se re-glisser dans la peau (et sa mémoire, sa mort puis sa vengeance) de Jason Bourne, pour un cinquième volet que réalisera Paul Greengrass à sortir pendant l’été 2016. On apprend tout juste que Jeremy Renner grince des dents à force de jouer les seconds rôle de remplacement dans les grosses franchises. Et que Will Smith sera de retour dans Men in Black 5.

- Pas découragé par l’Alien 5 que prépare Neil Blomkamp (et dont les premiers artworks éveillaient une curiosité certaine), Ridley Scott a la ferme intention de poursuivre l’aventure Prometheus avec non pas un, ni deux, mais trois autres épisodes ! Dans l’idée que seul ce quatrième et ultime opus fasse pour de bon la connexion avec la saga originale (ça semblait déjà être le cas avec le premier, mais bon), ce qui n’empêche pas le réalisateur de nommer le projet Alien : Paradise Lost. Histoire de bien réaffirmer qui est le patron des extraterrestres baveux (et sans trop se fouler, Paradise Lost étant le titre original de Prometheus).

- Et enfin pour finir, une petite news qui fera plaisir à mabataille, le fan officiel number one de John Wick : une suite est en chantier et, encouragé par la bonne aura autour du premier, Lionsgate en fait une priorité, visant un tournage pas plus tard que cet automne (c’est à dire là, maintenant, tout de suite). Keanu Reeves sera à nouveau de la partie mais reste la seule vraie question : comment ils vont faire pour re-tuer son chien ?

Critique ciné : Everest

27 septembre, 2015

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Les exemples de films de montagne où ça part en cacahuète ne manquent pas, les spectateurs ayant toujours été friands de ce genre de spectacle (certainement parce que «la montagne, ça vous gagne» ou quelque chose de la sorte). Alors forcément, quand débarque Everest en glorieuse 3D, on s’attend à un certain nombre de choses. Déjà, que la péloche intègre en toute logique le genre du survival, l’extrême rudesse de la nature étant un terreau parfait pour faire retourner les humains à la bestialité. Puis, vu le contexte du récit (la démocratisation excessive du tourisme sur le toit du monde), à ce qu’elle nous fasse la démonstration de la suprématie de la nature sur les misérables petits humains que nous sommes, voire même pourquoi pas qu’elle se pose comme une relecture du mythe d’Icare. Y avait à faire, quoi. Et si tout cela est bien présent d’une certaine manière dans le métrage, ça ne constitue en réalité qu’une maigre toile de fond, le cœur de Everest étant ailleurs. On est donc surpris, mais est-ce forcément une bonne chose ? Tout dépendra en fait de votre taux de tolérance au mélodrame car c’est bien dans ces strates que le film a choisi de s’aventurer, et avec entrain qui plus est. Inspiré d’un fait réel (un drame s’étant déroulé en 1996), il n’ose ainsi jamais prendre parti et s’attache à brosser tout le monde dans le sens du poil, histoire de ne pas chagriner les familles des disparus. Alors oui, les personnages sont plutôt bien dépeints et interprétés par des acteurs de premier choix (Josh Brolin, Jason Clarke, Emily Watson, Jake Gyllenhaal… putain de casting), ce qui aide assurément à donner vie au récit, mais tout ça est en définitive trop larmoyant et policé pour réellement nous accrocher. Sans compter que le film n’a dès lors plus rien à raconter si ce n’est la chronique désespérément plate d’existences humaines, un peu comme ces films de guerre modernes où l’on se contente seulement d’ériger en modèle de bravoure les mésaventures dramatiques de certains. De la reconstitution bête et simple, sans saveur. Ce sera d’ailleurs dans son aspect «documentaire» qu’il s’avérera le plus intéressant, en particulier dans sa description de la logistique pour amener le tourisme en des lieux si reculés. Mais rien qu’un reportage sur France 3 n’aurait tout aussi bien pu faire. Restent alors quand même quelques vertigineux moments durant lesquels la 3D remplit joliment son office, ce qui ne suffira toutefois pas à porter Everest vers les cimes du genre.

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Critique ciné : Prémonitions

16 septembre, 2015

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Sous ce titre français ultra-bateau (Solace en VO – « réconforter » – était quand même plus notable) se cache un thriller qu’on croirait tout droit issu des 90′s, quand Se7en avait redéfini le genre et fait naître toute une flopée de suiveurs plus ou moins inspirés. Car sans être aussi graphique que le chef d’oeuvre de David Fincher (on pense beaucoup au plus récent Les Cavaliers de l’Apocalypse de Jonas Akerlund), Prémonitions en reprend malgré tout quantité d’éléments aussi bien visuels que narratifs, de l’imagerie religieuse torturée au jeu de piste avec un tueur omnipotent. Tout le truc étant alors de trouver de quoi se démarquer, la bonne idée qui fera la différence, et dans le cas présent c’est précisément de faire du tueur un être tout-puissant, capable de voir l’avenir. Ce qui expliquera pour une fois pourquoi le serial-killer a toujours trois putains de coups d’avance. Une bonne idée donc, pouvant néanmoins tomber dans le banal pour peu que le traitement ne soit pas à la hauteur. Ce que nous pourrions d’autant plus craindre que si le réalisateur brésilien Afonso Poyart sait être inventif dans sa mise en scène, il ne va pas franchement au bout dans l’utilisation de ses trouvailles, par exemple la visualisation simultanée des destins potentiels qui n’est jamais vraiment intégrée à la narration. Et de la même façon que son postulat s’étale en gros sur toute l’affiche, le film semble au départ se focaliser seulement là-dessus pour se bâtir, au détriment des personnages (il faut voir comment les enquêteurs sont introduits au travers de reflets comme si seul le concept importait et non pas leur personnalité derrière). Fort heureusement, le scénario ménage alors un retournement assez précoce donnant à l’intrigue une toute autre dimension, étoffant au-delà de l’espéré les protagonistes et en particulier ceux de Colin Farrell et Anthony Hopkins (d’un stoïcisme qu’on ne lui connaissait plus depuis longtemps) : leur duel se complexifie à mesure que l’on prend conscience de la réelle thématique du film, que nous tairons pour ne pas vous gâcher la surprise même s’il faut bien dire qu’il s’agit d’un sujet difficile, toujours polémique. Une précision plus qu’importante parce qu’elle explique comment Prémonitions finit par se prendre les pieds dans le tapis lors de son dernier acte, incapable d’assumer tout ce que vers quoi tend son scénario au point d’en devenir incohérent. Dommage, on pourra toujours rêver à une version alternative de ce qui aurait pu être un très grand thriller fantastique et réflexif.

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Critique ciné : Le Tout Nouveau Testament

9 septembre, 2015

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«Dieu existe, il habite Bruxelles». Avec une telle punchline et un Benoît Poelvoorde en total décalage sur l’affiche, on pourrait s’attendre à ce que le dernier Jaco Van Dormael, Le Tout Nouveau Testament, s’inscrive comme une pure comédie. Ce serait toutefois mal connaître le cinéaste belge car s’il est vrai que celui-ci laisse toujours une place à l’humour dans ses œuvres, elles n’en sont pas pour autant purement comiques et portent également en elles un drame réel, une vraie gravité (revoyez Le Huitième jour pour vous en convaincre). En dépit donc de son postulat particulièrement fantaisiste et des gags qui peuvent en découdre, Le Tout Nouveau Testament multiplie les ruptures de ton afin de trouver le sien propre, parfois dans une proportion qui ne manquera pas de déstabiliser le spectateur (la raclée que Dieu met à Ea). Ce que nous serions malgré tout prêts à accepter en tant que style propre au réalisateur sauf que, dans le cas présent, le mélange des genres s’écrase contre une structure narrative des plus particulières. En effet, à singer les textes religieux classiques dans leur segmentation, leur répétitivité ou leurs paraboles, le film assèche son récit au point d’en retirer toute l’émotion. Ou plus exactement, si les segments peuvent fonctionner plutôt bien indépendamment grâce à un casting très fin (même François Damiens est tout en retenue glaciale), ils peinent à former une globalité cohérente en cela que les personnages principaux ne sont pas assez développés, presque aussi caricaturaux que les raisonnements du scénario ou le discours sur la religion, et sont par conséquent autant incapables de lier les différents Evangiles que de nous rendre vivante l’intrigue. Quant à la mise en scène et l’aspect ludique que sait d’ordinaire lui conférer le cinéaste, elle s’avère ici plus terne que ce que nous espérions de lui surtout avec un tel sujet et après le très chamarré Mr Nobody (il souffrira particulièrement en certains moments de la comparaison avec des réalisateurs chez qui il prend deux, trois petites choses comme Jean-Pierre Jeunet ou Terry Gilliam). Si c’était donc à priori le plus sexy des projets de Jaco Van Dormael jusque-là, Le Tout Nouveau Testament est en définitive le moins accrocheur d’entre eux. Comprenne qui pourra.

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