Critique ciné : Terminator Genisys

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Alors que le départ de James Cameron aurait normalement dû en sonner le glas, la franchise Terminator continue son petit robot de chemin au gré de ses changements de propriétaires, les droits passant de main en main comme une hardeuse dans un gang-bang chez Marc Dorcel. Et puisqu’il fallait pour cela trahir le message du créateur original («Il n’y a pas de destin»), à chacun dès lors de broder comme il pouvait pour perpétuer la saga, apporter sa pierre à l’édifice, à chaque fois avec une nouvelle direction scénaristique tuée dans l’oeuf par le manque de reconnaissance critique puis la passation des droits. Afin de ne pas réitérer ce qu’il considère comme les erreurs du passé, Terminator Genisys prend ainsi le parti de revisiter les épisodes séminaux en un mouvement très similaire à ce qu’on a vu récemment dans Jurassic World, pour un résultat pas plus glorieux. Ils sont même allés chercher Cameron pour faire la promo (voyez cette magnifique citation respirant la sincérité sur l’affiche), c’est dire s’ils désespèrent de renouer avec la source ! Comme dans le dernier opus dinosauresque, et même si ça se justifie ici narrativement (avec une recréation des plans originaux assez bluffante), la cascade de clins d’oeil confine donc en définitive au fan-service (repompage ?) supportant encore moins la comparaison que des suites plus classiques, la différence de talent sautant plus que jamais aux yeux lorsque les élèves tentent de recréer le geste exact des maîtres. Sérieusement, il n’y a pas dans ce film une seule scène d’action qui tienne la dragée haute au moindre affrontement de Terminator 2, même lorsqu’ils reprennent des idées telles quelles ; et on ne parlera même pas de la construction dramatique tout en montées de tension si chère à Cameron (rappelez-vous comment il avait bâti à chaque fois de monstrueux climax en plusieurs actes) que le réalisateur Alan Taylor (Game of Thrones, Thor : le monde des ténèbres) ne parvient jamais à émuler, son récit se déroulant avec d’autant plus de platitude que le principal twist a été honteusement éventé par la campagne de promotion. C’est d’ailleurs un exploit que d’être aussi linéaire lorsqu’on met en images un scénario à ce point alambiqué, le concept du voyage temporel accouchant désormais d’une flopée de paradoxes et incohérences dont il semble impossible de se dépatouiller. Terminator Genisys, lui, a en tout cas clairement lâché l’affaire, nombre de points restant obscurs lorsque déboule le générique de fin et que nous restons avec le sentiment d’avoir vu le pilote de luxe d’une série télé, le film se targuant d’être le premier chapitre d’une nouvelle trilogie. Sauf que cette série ne s’annonce pas terrible et que la médiocrité de son commencement la condamnerait de toute façon quasi-certainement à l’annulation (les premiers chiffres du box-office sont loin d’impressionner), avant un nouveau rachat des droits de la franchise et un nouveau départ puisque-t-elle semble être la tradition. Dommage, le personnage mythique de Arnold Schwarzenegger prenait une tournure assez intéressante. Mais il reviendra, c’est sûr.

020304

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