Critique ciné : Robin des Bois, la véritable histoire

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A priori, une nouvelle version de la légende du malandrin de Sherwood, ça sent la facilité à plein nez. Et pourtant en ce qui concerne ce Robin des Bois, la véritable histoire, il faut bien reconnaître qu’il s’agit d’un projet plus audacieux que la moyenne. Car si le cape et d’épée rigolo a connu de grands moments dans la comédie française, cela n’est plus trop le cas depuis longtemps comme en atteste le désintérêt total ayant entouré les derniers essais en la matière. Levez la main ceux qui ont vu par exemple Les Aventures de Philibert, capitaine puceau ? Ou Blanche ? Peut-être le remake de Fanfan la Tulipe ? Voilà. En gros, tout le monde s’en fout. Ce qui n’a donc pas empêché Max Boublil et son pote Anthony Marciano (Les Gamins) à la caméra de revisiter l’histoire de sir Robin, de faire de lui un antihéros dont la légende s’est construite à tort. Rien de très neuf en soi mais même avec ce genre de postulat, il y a largement matière à monter une petite péloche bien marrante, sachant détourner la superbe de la légende. Tristement, le duo ne joue même pas vraiment avec cela : sans attendre d’eux qu’ils fassent du Mel Brooks (gloire éternelle à son Sacré Robin des Bois), leur film manque de connexions et clins d’oeil aux différentes itérations du mythe et n’est pas franchement parodique en conséquence. Il braconne davantage sur les terres de l’anachronisme avec l’humour de ses auteurs qui détonne dans un cadre moyenâgeux. Attention, sans vouloir dépoussiérer quoi que ce soit pour autant. Ils ne peuvent effectivement pas trop se le permettre lorsqu’on constate le niveau général, beaucoup de gags tournant autant en rond qu’ils volent bas (l’homosexualité de Tuck, la mauvaise haleine de Petit Jean…). Quand en plus les seconds rôles sont sacrifiés (Quentin et Eric du Petit Journal) ou paraissent complètement paumés (Patrick Timsit, sous Prozac), nous ne sommes plus trop à la fête et Boublil se retrouve obligé d’en faire des caisses, non sans réussir à faire mouche en quelques occasions. Il faut dire que la réalisation ne l’aide pas des masses en se prenant un peu trop au sérieux car si l’image est plutôt soignée, reconnaissons-le, tout ça ne va pas chercher plus loin que l’esthétique et le registre des pubs parodiques de Canal + ou Canalsat. Pas très glorieux donc sans être totalement honteux non plus, Robin des Bois, la véritable histoire ne sera clairement pas celui par qui le genre renouera avec son heure de gloire. Nous attendons toujours le héros providentiel.

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