Critique ciné : Big Eyes

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Tim Burton, cela fait plusieurs années qu’on reçoit chacun de ses films en redoutant que le génie de Burbank finisse par tourner définitivement le dos à son cinéma, un écueil déjà frôlé plusieurs fois depuis La Planète des singes. Parce qu’on sait qu’il a déjà voulu s’essayer à autre chose, et parce qu’on sent que ça le titille de plus en plus. Alors quand il débarque avec Big Eyes, projet dont on a grand mal à voir ce qu’il fait aux commandes, il est clair que le moment est venu. Mais malgré tout, on y croit. Parce qu’on l’aime, Tim. Et pendant un temps on y croit même, entre le générique de début qui rappelle celui de Edward aux mains d’argent avec ses machines s’activant toutes seules ou bien les piques lancées contre l’American Way of Life et la culture des «suburbs» (incarnées qui plus est ici sous leur forme la plus représentative, celle des 60′s). Mais c’est pour mieux déchanter ensuite, l’insoutenable question du «pourquoi ?» se faisant de plus en plus lancinante. Pourquoi diable a-t-il voulu mettre en images cette histoire ? Parce qu’il l’a voulu, clairement, il a même fait des concessions pour cela comme s’accommoder d’un budget riquiqui comparé à ses derniers efforts (à peine 10 millions de dollars contre 200 pour Alice au pays des merveilles), tourner en numérique pour la première fois de sa carrière… Peut-être est-il alors vraiment fan des peintures de l’artiste, au-delà des rapprochements douteux faits avec son propre travail, mais ça n’explique pas pour autant la présence de Big Eyes dans la filmographie de Burton. Lui-même paraît ne pas trop savoir par quel bout prendre la chose puisqu’il n’a pas de point de vue très clair sur l’histoire qu’il nous raconte. Le personnage du mari est ainsi présenté presque tout le temps comme charismatique (aidé en cela par la formidable performance de Christoph Waltz) au point que la réalisation est obligée de sur-dramatiser par deux fois afin de le diaboliser grossièrement (à peu de choses près les deux seules scènes où l’on s’écarte du biopic bien poli mais d’un classicisme peu excitant). Tandis que celui de la peintre – «l’héroïne» normalement (pauvre Amy Adams qui n’en demandait pas tant) – peine à emporter notre sympathie tant elle est écrasée par sa condition de femme soumise, ses seuls vrais actes de rébellion consistant à fuir lors de deux scènes-miroirs, et trahit le héros burtonien en trouvant la rédemption chez… les témoins de Jéhovah ! Alors oui, très bien, on comprend qu’il faille respecter une certaine véracité lorsqu’on travaille sur un biopic. Mais aller à ce point à l’encontre de ce qui a fait son style, sa patte, et qui nous a fait aimer pour beaucoup son cinéma, cela reste tout bonnement incompréhensible. Peut-être s’agit-il seulement d’un break, une volonté d’autre chose comme à l’époque où il réalisa Ed Wood, son seul autre et bien plus cohérent biopic (genre « je peux réaliser des films oscarisables pour autre chose que les costumes« ) ? Suite à quoi il avait enchaîné avec Mars Attacks ! et Sleepy Hollow : souhaitons donc que Big Eyes n’était qu’un mauvais moment à passer avant un programme plus réjouissant. Tim, on te fait confiance.

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8 Réponses à “Critique ciné : Big Eyes”

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