Critique ciné : Jupiter – le destin de l’univers

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Devenus réalisateurs triple A par la grâce de leur trilogie fondatrice Matrix, les Wachowski avaient ensuite tenu à s’en éloigner par le biais de projets pour le moins surprenants à de très nombreux niveaux. Speed Racer ou Cloud Atlas, ce n’est quand même pas le tout venant de la production cinématographique, et cela explique d’ailleurs certainement pour beaucoup leurs résultats décevants au box office. Jupiter : le destin de l’univers sonne ainsi comme leur première tentative de renouer avec le succès du combat de Neo contre les machines, déjà parce que la fratrie revient au système des grands studios après leur co-réalisation avec Tom Tykwer mais surtout parce que ce nouvel effort se pose comme un reflet de leur plus gros succès, que ce soit dans leurs intrigues aux grandes lignes identiques ou dans leur visée de bâtir une saga (le titre original, Jupiter Ascending, semble pensé pour varier en fonction des épisodes). Un fait loin d’être un écueil tant les œuvres à puiser dans ces archétypes sont nombreuses mais cela n’a pas empêché les cinéastes de vouloir le camoufler derrière un univers à priori original, à la croisée de la science-fiction et de l’heroic fantasy dans lequel ils injectent d’inattendues considérations économiques tout en gardant un pied dans notre réalité. Programme alléchant, et chargé. Trop peut-être. Le film se pose en effet comme un énorme mélange d’influences qui pourrait se justifier par la volonté de laisser entrevoir l’immensité spatiale et sa multitude de mondes dans toute leur variété sauf que, dans le cas d’un long-métrage unique (en tout cas pour l’instant), ça fait surtout gloubiboulga manquant de cohérence. On comprend bien que les Wachowski voulaient nous offrir un moment de fun, plus léger que ce à quoi ils nous ont habitué – en dépit des apparences, même Speed Racer ne peut être considéré comme une production «légère» – sans que ça explique pour autant leurs décisions à la fois discutables et disgracieuses. Il y a d’abord des ambiances si différentes qu’on tombe parfois dans la rupture de ton perturbante mais là où ça coince vraiment, c’est avec une direction artistique à qui il arrive de flirter avec le franchement laid (des lumières très baveuses sur certaines scènes), le franchement pompé (quelques décors qu’on croirait tout droit tirés de La Menace fantôme) ou le franchement con (l’homme-éléphant, sérieusement les gars).

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Niveau incohérences, on pourrait aussi se demander quel est l’intérêt de vouloir faire de la SF super fantaisiste si c’est pour tout rapporter ensuite à notre monde (les hybridations humains / animaux, les tentatives d’explication de la mythologie «réaliste» des aliens) mais bon, passons. Parce que s’ils se sont plantés sur le visuel, ils ne font guère mieux avec un scénario dans lequel on aura du mal à rentrer entre une histoire quelquefois brouillonne – bravo à celui qui arrive du premier coup à comprendre qui travaille pour qui chez les méchants – et une construction bâtarde où l’on ne fait que progresser d’une épreuve à l’autre (cela est particulièrement visible dans les rencontres successives avec la fratrie Abraxas) sans but bien défini. Ni sans vraiment s’intéresser aux personnages d’ailleurs, et tout spécialement à l’héroïne (interprétée par Mila Kunis, pas franchement convaincante) qui attend la toute fin pour faire montre d’un peu de caractère. En résulte une absence de charge émotionnelle qui aurait pourtant bien aidé à passer outre les errances du projet. Fort heureusement alors, et bien qu’ils ne proposent rien d’aussi novateur ou abouti niveau action que dans leurs Matrix, les deux cinéastes restent néanmoins virtuoses lorsqu’il s’agit d’assurer le spectacle : on notera en particulier des chaussures anti-gravité qui devraient faire flipper les fans de l’hoverboard de Retour vers le futur 2 et rêver ceux du manga Air Gear, qui trouve ici la première transposition non-officielle de ses délires aériens en rollers. Jupiter : le destin de l’univers s’inscrit donc comme un blockbuster certes divertissant (hé ouais, il y arrive malgré tout) mais également frustrant et déconcertant car pour la première fois, nous n’arrivons pas à comprendre les Wachowski dans leur délire. Sans même parler de les y suivre (leurs films ont toujours rencontré des détracteurs très tranchés), il faut bien reconnaître cette fois qu’ils nous perdent tant ils partent dans le n’importe quoi et livrent un métrage perfectible, plus générique qu’il n’y paraît, où premier et second degré s’accordent mal… Peut-être en attendions nous trop, en fait, mais ça ne change rien au sentiment mitigé qui nous habite lorsqu’on quitte la salle.

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10 Réponses à “Critique ciné : Jupiter – le destin de l’univers”

  1. Mitch dit :

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  3. Sherwood dit :

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  8. Brandon dit :

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  10. Fermin dit :

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