Critique ciné : Dumb & Dumber De

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Maîtres de la comédie US dans les années 90, les frangins Farrelly ont depuis franchement périclité au box-office, au point que leurs films passent désormais presque inaperçus lors de leur passage en salles. Après avoir rendu hommage à leur amour comique de jeunesse avec le kamikaze The Three Stooges, ils jouent leur va-tout en donnant une suite à l’un de leurs plus gros succès et vingt ans plus tard nous retrouvons donc Larry et Floyd pour un nouveau road-movie aux confins de la stupidité,  Dumb & Dumber De. Une pratique risquée car si la nostalgie a en effet de quoi rameuter du monde dans les cinémas, elle poussera aussi invariablement à une comparaison rarement flatteuse. Surtout que bien souvent, les suites de comédies n’hésitent pas à calquer un peu trop l’originale, la reprise pure et simple de gags en étant le symptôme le plus évident. Ce dont sont parfaitement conscients les deux réalisateurs, tellement qu’ils poussent l’effronterie jusqu’à mettre en parallèle dans le générique de fin des photos des deux films, sans pour autant empêcher que les spectateurs déjà présents il y a deux décades puissent ressentir une certaine déception, voire de la lassitude, face à la redondance de nombre de scènes comiques. Les Farrelly ne sont toutefois pas des rigolos (enfin si, mais nan…) et leur métrage comporte suffisamment de matériel inédit pour ne pas perdre les fans de la première heure tant leurs deux antihéros s’avèrent plus crétins, paumés et cradingues que jamais. Il y a quelques gags véritablement venus de nulle part, comme si la bêtise des personnages influait en direct sur la narration et la réalisation. Parce qu’en dépit des années, les réalisateurs de Mary à tout prix paraissent n’avoir pas pris une ride (ce dont ne doutaient pas ceux ayant suivi leur carrière entre-temps) et c’est toujours un réel plaisir que de se replonger dans leur univers comique si caractéristique et accueillant, où les blagues les plus crasses côtoient une tendresse omniprésente. Tout comme on prend un pied monstrueux à retrouver – comme à chaque fois – Jim Carrey (et Jeff Daniels aussi, mais bon, Jim Carrey quoi) dans de la comédie pure, genre qui l’a révélé et dans lequel il continue d’exceller. Sérieux, ce mec est une grosse bête. Tout simplement. Pour peu qu’on soit alors prêt à fermer les yeux sur son statut de suite tardive et les défauts qui vont avec, Dumb & Dumber De remplit pleinement son office en délivrant un franc moment de connerie régressive. Et qu’il est bon d’être con parfois !

060708

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