Critique ciné : La Légende de Manolo

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Ayant déjà tâté de l’animation pour avoir participé du renouveau de ce département chez Dreamworks, le monstrueux Guillermo del Toro fait des infidélités à la boîte de Spielberg afin de monter un projet plus personnel aux côtés de son compatriote Jorge R. Gutierrez (co-créateur de la série El Tigre : Les Aventures de Manny Riviera et ici aux commandes de son premier long-métrage). La Légende de Manolo est ainsi une véritable déclaration d’amour à la culture mexicaine (seul bémol, d’entraînantes reprises de chansons faisant malgré tout hors-sujet) camouflée sous les atours d’une romance fantastique survoltée, qu’on aurait tort de ne cataloguer trop vite que comme du Tim Burton avec des sombreros. Ce que le film est assurément par ailleurs, les similitudes avec par exemple Les Noces funèbres étant très fortes, si ce n’est que nous sommes en fait plus proches du Burton des débuts où un conte tout simple peut cacher les sentiments les plus forts. Par-delà l’évocation intelligente et formatrice de la mort (le film peut tout à fait être vu par les plus jeunes spectateurs), on trouve en effet une histoire dotée de personnages sacrément attachants dont les relations sont tissées avec une sensibilité rare : ils ne sont pas nombreux les triangles amoureux à pouvoir nous poser un vrai dilemme tant on ne peut départager les protagonistes, les prétendants étant aussi sympathiques que l’objet de leur affection est sincèrement tiraillé. De quoi faire oublier leur design des plus originaux qui pourrait en rebuter certains, d’autant plus lors de certaines scènes où nous sommes franchement emportés par l’action (quelques beaux frissons comic-bookesques en perspective). S’il ne révolutionne rien (nous aurions aimé un peu plus d’ambition et de péripéties lors de l’exploration du monde des morts), La Légende de Manolo s’impose donc malgré tout comme une petite péloche animée sacrément bien foutue, sincère et festive. Mais qu’attend del Toro pour faire son propre film d’animation ?

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