Critique ciné : Le Hobbit – La Bataille des Cinq Armées

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Hé bah voilà, ça y est, la trilogie Le Hobbit est terminée. Après toutes les frustrations et déceptions des deux premiers chapitres, l’aventure de Bilbon et des nains prend fin avec La Bataille des Cinq Armées et si celui-ci nous réconciliera quelque peu avec la saga, on restera malgré tout sur l’impression qu’une somme de mauvaises décisions s’est chargée de la plomber. On ne reviendra pas trop sur le retour de Peter Jackson derrière la caméra (artiste inestimable, à la réalisation toujours aussi brillante mais peinant à se renouveler après le monumental Seigneur des anneaux) pour se concentrer sur le choix le plus absurde ayant présidé à la conception de cette trilogie : en faire une trilogie, justement. Vous vous souvenez du cliffhanger honteux de La Désolation de Smaug ? Comment oublier ce manque de cohérence scénaristique ? Hé bien, si on vous dit que ça se règle ici en moins de dix minutes, vous comprenez à quel point il s’agissait d’une coupure de sagouin, d’une astuce grossière de téléaste indigne de ce qu’aurait dû être la saga ? Une mauvaise entrée en matière pour ce troisième volet qui fort heureusement se rattrape par la suite en offrant une intrigue plus dense que ses prédécesseurs, même si l’on goûtera moyennement l’ironie de s’entendre dire que «l’or corrompt» dans une œuvre à ce point sapée par ses visées mercantiles (rien d’autre ne justifie le passage de deux à trois longs-métrages que l’appât du gain). Reste que La Bataille des Cinq Armées sait au moins traiter ses thématiques et plus largement raconter une histoire dans son entièreté – aidé en cela, il est vrai, par son statut de chapitre final – tout en rehaussant la dramaturgie, l’émotion reprenant enfin sa place dans le triptyque. Pas forcément comme on l’attendait puisque le personnage de Bilbon s’avère étonnamment en retrait mais malgré tout de manière très efficace, en particulier lors d’une charge des nains à faire se dresser les poils comme à la belle époque du «Pour Frodon…» (sans compter le dantesque duel final entre Thorin et Azog). On en comprendra d’autant moins la volonté de Jackson d’en faire l’épisode le plus court alors que, clairement, c’est le seul qui avait le potentiel de tenir en haleine sur trois heures. Et le seul qu’on ait envie de découvrir en version longue. Faut-il y voir encore une manœuvre pour se remplir la bourse aux dépens du film et des spectateurs ? On aimerait dire que «non» mais cela est de plus en plus dur de ne pas constater qu’on se fout un brin de notre gueule. Et quand La Bataille des Cinq Armées s’achève sans avoir créé de véritable lien de cause à effet avec Le Seigneur des anneaux, alors que c’était leur explication première pour ce troisième volet, le doute n’est plus franchement permis…

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4 Réponses à “Critique ciné : Le Hobbit – La Bataille des Cinq Armées”

  1. mabataille dit :

    J’espère bien me laisser porter par l’ambiance Tolkien même si à chaque retrouvaille ça sent le LOTR recyclé ce qui finalement est difficilement contournable. Et si Azog a enfin Sa scène, tant mieux, il est trop peu utilisé dans les 2 premiers… il aura finalement sa figurine Sideshow qui sait ?
    Je pense que le défaut que tu ressasses sans cesse s’estompera avec une sortie BluRay, d’autant plus si elle était en version longue, où tu pourras enchaîner les films et trouver un autre rythme.
    PS - » sans avoir créer  » petite coquille à la fin-

  2. pitouwh dit :

    Pour avoir vu le 1 et le 2 en blu-blu à plusieurs reprises (dont la version longue pour le premier), je peux te dire que ça ne les améliorera pas pour autant de les mater à la maison (si ce n’est qu’on peut faire autre chose pendant les longueurs ou scènes embarrassantes). Le seul qui méritera vraiment sa version longue, c’est bien le troisième qui est trop court. Et ça ne retirera rien au fait que la saga Hobbit fait clairement redite du SDA (putain, si seulement del Toro avait pu s’en charger).
    Et merci pour la faute (appelons un chat un chat), je corrige ça de suite !

  3. lescritiquesdali dit :

    Bonjour,
    Étant une fan de l’univers de tolkien et ayant lu votre critique je tiens a vous dire ceci : c’est complètement tordu de comparer le Hobbit au Seigneur des anneaux. Le Hobbit est a la base un conte pour enfant comment peux-on envisager un conte avec la même violence qu’un roman censé être pour les adultes ?
    D’autres part, je suis un peu déçue je pensais que vous parleriez des effets de montage grotesque récurrents dans le film.
    Je suis d’accord avec vous sur un point c’est celui qui concerne les recettes de la trilogie : Peter Jackson a eu un succès phénoménal avec ses chefs d’oeuvres de Seigneur des Anneaux. Mais on peut clairement dire que l’intérêt de sa dernière trilogie n’a été que financié malheureusement La Bataille des 5 Armées aurait pu être le meilleur de la trilogie Hobbit mais Péter Jackson n’en a pas donné les moyens.
    J’ai donnée un 6/10.

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  4. pitouwh dit :

    Salut !
    Désolé que tu me trouves « tordu » mais t’avoueras qu’on ne peut faire autrement, vu les deux trilogies, de comparer le SDA et le Hobbit. Jackson a clairement voulu œuvrer dans la continuité au point de tomber dans la redite, ce qui est justement selon moi un des gros points noirs de cette deuxième vague de trois péloches. Comme toi, je regrette donc que Le Hobbit n’ai pas eu une personnalité propre et plus proche du roman original (va jeter un œil à mes critiques des précédents volets), d’autant que ça partait sacrément bien lorsque Guillermo del Toro était aux commandes.
    Et La Bataille des 5 armées reste quand même le meilleur chapitre du Hobbit. ;-)
    Peace !

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