Critique ciné : Hunger Games – La Révolte : Partie 1

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Initiée à l’occasion du dernier chapitre de la saga Harry Potter, la technique du «j’fais deux films au lieu d’un seul pour gagner plus de pépètes» a depuis fait des émules : Twilight, Le Hobbit (si si, il rentre dans ce cas de figure) et dorénavant l’adaptation du best-seller de Suzanne Collins avec Hunger Games – La Révolte : Partie 1. Une mode dangereuse à plus d’un titre car si on échappe encore au pire (imaginez le triste jour où ils comprendront qu’ils peuvent scinder TOUS les volumes d’une série de livres en deux métrages !) (voire trois, soyons fous !), on peut déjà constater qu’elle conduit surtout à une dilatation de la narration en lieu et place du respect littéraire censé la justifier. Résultat des courses, les premières parties sont unanimement molles de la cuisse, ressassent des enjeux qui n’en demandaient pas tant, tandis qu’on croise les doigts pour que le final remonte le niveau, achève l’aventure en un véritable feu d’artifice. Et Katniss ne fait pas mieux que ses confrères échappés d’étalages de libraires, ce qui n’étonnera pas des masses d’ailleurs au regard du manque d’originalité jusque-là de son combat contre les très méchants riches du Capitole. Elle passe donc ici beaucoup de temps à broyer du noir, à pleurer, à se cacher dans des endroits exigus (vrai de vrai, ça commence même comme ça !)… Difficile dans ces conditions de voir se dessiner la leader de la rébellion qu’on attendait. Le thème sous-jacent à la série de la propagande reste alors présent et intéressant (c’est même tout ce qui sauve la saga), et l’on sent bien que c’est de ce côté-ci que l’héroïne interprétée par Jennifer Lawrence (en mode «j’en fais des tonnes pour justifier mon Oscar») prendra toute son ampleur, mais puisque le découpage en chapitre fait que ce film n’a pas de vrai fin, on s’arrête avant que Katniss se soit révélée. Avant qu’il se soit passé quelque chose, en somme. Episode transformé en transition longuette, Hunger Games – La Révolte : Partie 1 s’enlise d’autant plus que la réalisation de Francis Lawrence s’avère étonnamment terne, en manque il est vrai de matière spectaculaire à filmer, achevant ainsi de décrédibiliser le besoin de séparer ce troisième tome en un diptyque (si ce n’est celui de remplir davantage les poches de la production). Avec un vrai travail d’adaptation, sûr qu’il y avait moyen de condenser tout le bouquin en une péloche de 2h30 efficace, elle. Reste donc juste à espérer que le motif ici omniprésent de la fumée soit annonciateur d’une Partie 2 consumée – enfin – par les flammes de la révolution.

020304

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