Critique ciné : Le Labyrinthe

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Tandis que le phénomène Hunger Games se poursuit avec la sortie en salles de son troisième chapitre (enfin, sa première partie du troisième chapitre… ouais, c’est compliqué), ses avatars continuent à s’amasser sans plus éveiller le moindre soupçon d’intérêt. Grossière erreur car parmi la flopée de péloches romantico-SF barbantes se cachent parfois de petites pépites, telles ce Le Labyrinthe débarqué de nulle part et autrement plus intéressant que la concurrence. Ses meilleures idées sont ainsi de ne pas s’embarrasser d’une intrigue amoureuse (même si ça viendra certainement par la suite) et surtout – en tout cas dans cette adaptation – de viser sans cesse une réelle efficacité dans sa narration, sur le papier et à l’image, tout en cultivant une histoire nourrie par ses nombreux prenants mystères (la caractérisation schématique des personnages s’explique par l’intrigue et est précisément appelée à s’épaissir lors des opus suivants). Petite prod’ sans prétention dont le budget serré est la plupart du temps bien rentabilisé à l’écran, à l’exception peut-être de créatures qu’on s’évertue à ne jamais nous montrer clairement, elle permet à Wes Ball – réalisateur nouveau-venu remarqué pour ses courts-métrages – de faire montre d’un talent à suivre et de jouer avec un matériau pouvant se permettre d’être plus permissif que la moyenne. Rappelant en effet beaucoup dans sa première partie Sa Majesté des mouches, il en retrouve parfois un semblant de perversité (on regrettera juste que la sexualité – attention, pas l’amour – soit totalement éclipsée) pendant que la gestion impeccable de la tension menée par le cinéaste achève de faire tourner la machine, enjeux clairs des personnages et tenants obscurs des énigmes du scénario rendant possible une saine cohabitation, où l’efficacité prime encore et toujours. Malgré donc la frustration de la pléthore de questions restant en suspens à la fin (qu’on se rassure toutefois, la suite devrait arriver dès l’année prochaine !), Le Labyrinthe s’inscrit comme une excellente surprise, rythmée et prenante, nous prouvant qu’un faisandé phénomène de société peut traîner dans son nauséabond sillage des émanations largement plus plaisantes. Pour un peu, on pourrait croire être passé à côté de quelque chose lors de la mode Twilight.

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