Critique ciné : Interstellar

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Il existe une «malédiction 2001, l’odyssée de l’espace» voulant que dès qu’un réalisateur un peu prestigieux ou auteurisant se frotte à la science-fiction, on se retrouve au final avec un pensum aux théories obscures ou fumeuses (parfois les deux). En effet, pour un Gravity miraculeux à prendre le total contre-pied de cette malédiction, combien nous sommes-nous tapés de Mission to Mars ? De Contact ? De Solaris ? Avec son mystérieux Interstellar, Christopher Nolan rentre ainsi droit dans cette catégorie puisqu’il semble croire que tout le monde est aussi malin que lui et son frère Jonathan (co-scénariste), aussi au fait de la métaphysique quantique. Non pas qu’on ne veuille pas faire l’effort d’y réfléchir ou même que nous n’en possédions pas quelques notions mais lorsque ça prend à ce point le pas sur le reste, toute l’émotion sur laquelle voudrait reposer le film s’en retrouve forcément amoindrie. En tout, on comptera à peine une dizaine de minutes (sur 2h50, aouch !) en état de grâce, qui procurent un sérieux début de dressage de poils pour beaucoup dû au jeu des acteurs (Matthew McConaughey continue décidément à enchaîner les performances quatre étoiles depuis sa résurrection artistique) et à un Hans Zimmer qui donne tout ce qu’il a. Ça discutaille donc ici sévère sans rien expliquer vraiment, et longtemps, jusqu’à en perdre le spectateur qui ne désirait rien d’autre qu’un peu de divertissement. Et le scénario s’avère d’autant plus compliqué – sans empêcher pour autant de voir venir les twists à des années-lumière (quelle idée stupide aussi de mettre les interviews des survivants, comme dans un documentaire, en guise d’introduction) – qu’il mélange les époques. Sauf que là où Inception fourmillait de scènes énormes aux multiples temporalités, dans le cas présent les segments ne se répondent pas, un fait particulièrement notable durant la seule vraie tentative de montage alterné entre la Terre et l’espace. Ce qui n’aide aucunement l’intrigue sur le plancher des vaches à gagner en intérêt, surtout qu’elle est encore alourdie par des personnages aussi inutiles que celui du fils (même son père ne pense jamais à lui, il n’en a que pour sa fille). Quant à l’aspect blockbuster, là encore Nolan déçoit car si son approche réaliste ne l’avait pas empêché jusque-là d’assurer le spectacle (voir sa trilogie Batman), il se contente ici d’une esthétique minimaliste impressionnant rarement. Sans remettre en cause sa réalisation à proprement parler, il faut bien reconnaître que la Terre ressemble en tout point ou presque à celle qu’on connaît, qu’on passe beaucoup de temps dans une navette qu’on croirait sortie des 60′s, que les planètes visitées ne sont que des déserts… et pour parachever le tout, que nous avons droit à l’un des pires robots de l’histoire de la SF, un monolithe doté d’un écran 8-couleurs et sauvé seulement par son intelligence artificielle Alors non, clairement, Christopher Nolan semble avoir chopé le melon (ou tout du moins avoir nié son public pour s’attacher à un sujet qui le passionne personnellement) et livre un Interstellar pompeux, traversé de fulgurances trop rares pour combler le vide de sa généreuse durée. La malédiction 2001 a fait une nouvelle victime.

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Une Réponse à “Critique ciné : Interstellar”

  1. mabataille dit :

    Pitou, pacifie ton âme et retourne le voir pour profiter du spectacle. Ne cherche pas à comprendre ce que même Mickael Caine ne peut pas comprendre !
    Merci quand même d’avoir préservé la surprise du casting.
    PS : l’écran des robots n’a que deux couleurs (et leur nom est doublé de leur équivalent braille).
    PS2 : et arrête avec Batman, y’a que le dernier qui est sympa.

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