Critique ciné : Ninja Turtles

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Dédiée à l’origine au cinéma d’horreur et plus spécialement aux remakes de grands classiques du genre, avec toujours la volonté de bien faire même si les résultats n’étaient pas toujours là, la société Platinum Dunes de Michael Bay élargit désormais son champ d’action en revisitant Les Tortues Ninja, les héros de Kevin Eastman passés à la postérité grâce au petit écran. Une idée loin d’être brillante lorsqu’on voit comme ils ont galéré pour trouver leur script, passant des concepts les plus stupides aux plus scandaleux (faire des tortues des aliens, fallait oser pondre ça quand même) tout ça pour revenir en fin de compte à une intrigue super-classique pour les mangeurs de pizza à carapaces, histoire de ne pas se mettre à dos des générations de fans. Car il ne s’agit de rien d’autre avec ce Ninja Turtles (bravo pour le titre français) que de réaliser un blockbuster le plus efficace possible, en tout cas selon les croyances des producteurs hollywoodiens. Et comme il se doit lorsqu’on suit ce genre de logique, le résultat est tout bonnement catastrophique avec en premier lieu un scénario honteux donc de médiocrité, où les incohérences le disputent aux choix idiots tels celui de mettre en avant le personnage de April O’Neil – jusque dans les origines des personnages ! – d’autant plus lorsqu’il est interprété par la médiocre Megan Fox (magnifique, mais médiocre). L’ombre de Bay plane en fait sur tout le projet et pousse ce reboot à ressembler aux différents épisodes des Transformers. Même Shredder semble avoir bouffé du Megatron avant de venir. Autant dire alors que si l’esthétique criarde et la bouillie de pixels de la tétralogie (due à l’utilisation abusive des CGI et non à leur qualité à proprement parler) vous avaient saoulés, il en ira de même ici puisqu’on les retrouve à l’identique, la patte du réalisateur Jonathan Liebesman étant aussi décelable qu’un signe d’intelligence chez des partisans d’extrême-droite. Dommage, le bonhomme avait pourtant plutôt bien commencé avec ses péloches horrifiques (dont la préquelle de Massacre à la tronçonneuse déjà pour Platinum Dunes) avant de montrer que l’action ne lui convenait pas, entre le puant Battle Los Angeles puis le pourri La Colère des Titans. Exactement comme en ce qui concerne dorénavant Platinum Dunes. Seule la direction artistique sera ainsi à sauver sur quelques points (le rendu des tortues ou bien le look de leur base) tandis que l’indigence des scènes d’action, véritable gâchis de millions de dollars à chaque plan, achève de faire de Ninja Turtles un métrage à fuir absolument. Et dire qu’ils nous les vendaient comme des descendantes de celles de Fist of Legend ou The Raid, on comprend à quel point ce film se fout ouvertement de notre gueule ! On ne saurait donc trop vous conseiller à la place de vous refaire les adaptations ciné des 90′s ou même mieux, le film d’animation de Kevin Munroe car il semble qu’une bonne tortue soit une tortue sans Michael Bay pour la produire.

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