Critique ciné : Sin City – J’ai tué pour elle

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Tentative curieuse de transcrire directement un comic-book en long-métrage, le premier Sin City avait autant charmé qu’il avait dérangé, le laxisme du réalisateur Robert Rodriguez le poussant à se reposer sans vergogne sur son magnifique matériau d’origine sans chercher à l’adapter au support filmique. Ou si peu. Et puisqu’il ne se casse plus trop la nénette depuis qu’il tourne en quasi-autarcie, le fondateur de Troublemakers Studio ne change rien au programme à l’occasion de Sin City : J’ai tué pour elle. Cette suite co-réalisée avec Frank Miller possède ainsi les mêmes points forts que son prédécesseur, c’est à dire en premier lieu une ambiance noire déliquescente d’où émerge une galerie de personnages plus badass les uns que les autres (putain de casting où les gueules connues sont rejointes par d’excellents petits nouveaux tels Eva Green, Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt ou même Christopher Lloyd !), aussi balèzes pour se bastonner et massacrer son prochain que pour enchaîner les répliques mémorables. Violence, humour noir et une bonne rasade de sexy, le ton des comics est donc respecté à la lettre tout comme leur visuel si particulier, la péloche étant à nouveau constituée d’une succession de plans d’une beauté vénéneuse directement empruntés aux planches de Miller. Et c’est bien là le problème puisqu’une fois encore, Rodriguez se contente d’enchaîner les vignettes en se foutant d’user d’un quelconque langage cinématographique, ce qui nous vaut quelques grotesques absences de transition dans les mouvements quand ceux-ci ne sont pas dénaturalisés par le tournage sur fond vert (certaines courses des personnages font franchement pitié tellement il est évident qu’ils trépignent sur place). C’est beau mais souvent désincarné, surtout que l’intrigue tient encore moins la route que dans le premier opus. On y ressent en effet davantage la compilation artificielle d’histoires courtes dans un film qui n’a ni vrai début ni fin, les abruptes introduction et conclusion cimentant cette impression d’avoir en face de soi une production bancale faute d’adaptation en bonne et due forme. S’il saura alors certainement contenter ceux qui s’impatientaient de revenir à la ville des péchés (et pas trop regardants sur la valeur cinématographique de l’objet), il y a fort à parier que les détracteurs de l’original trouveront en Sin City : J’ai tué pour elle de quoi abreuver leur moulin de vociférations à l’égard du fainéant Robert Rodriguez. Et on ne pourra pas franchement leur en tenir rigueur.

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