Critique ciné : 22 Jump Street

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Révélés avec Tempête de boulettes géantes, les duettistes Phil Lord et Christopher Miller confirmèrent ensuite grâce à La Grande aventure Lego l’excellence de leur timing comique en même temps que leur capacité à pervertir ce qui n’auraient pu être que des films de commande bassement mercantiles, de par leur propension à attaquer les dérives les plus capitalistes de leur art ou de l’american way of life. On pourrait alors dire qu’ils crachent dans la soupe et le leur reprocher mais en fait, ils font ça avec un tel humour et dynamisme qu’on ne peut qu’être entraîné dans leur délire. Aussi bien en animation qu’en live d’ailleurs puisqu’ils avaient rapidement sauté le pas en réalisant l’adaptation très libre (et en même temps ultra-référentielle) de 21 Jump Street, à laquelle ils offrent aujourd’hui une suite. 22 Jump Street. Un titre loin de n’être qu’une astuce de publicitaires car celui-ci reflète au contraire la volonté très nette du métrage de décortiquer le principe des suites, de le déboulonner (à cet égard le générique de fin est tout simplement mythique), à grand renfort de dialogues qui claquent et de situations détournées. Cet autre niveau de lecture enrichit donc une comédie déjà bien huilée, menée par un autre duo (Jonah Hill et Channing Tatum) d’autant plus efficace que le scénario leur ménage une relation pas forcément très originale – bien que leur alchimie n’était pas chose gagnée (le speech sur le Yin et le Yang en début de péloche n’est pas là pour rien) – mais où l’on sent comme une amitié sincère. Il fallait bien cela pour compenser les poncifs du film de campus ou une intrigue policière d’une pauvreté à pâlir, ne pouvant prétendre à autre chose que servir de prétexte. Pour sa bonne humeur communicative et son intelligence (Lord et Miller sont vraiment deux réalisateurs à ne pas perdre de vue), 22 Jump Street passe toutefois haut la main son examen de fin d’année et comme tout bon élève qui se respecte, nous sommes impatients de le retrouver à la rentrée prochaine.

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