Critique ciné : The Salvation

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Un western danois réalisé par un des apôtres du Dogme95 de Lars von Trier, ça vous dit ? A priori, comme ça, non. On a beau aimer le western, on pourrait craindre de se faire chier un peu sur les bords avec un tel programme. Sauf que The Salvation, loin du pensum sans aucune stylisation, s’avère étonnamment être un représentant pur et dur du genre, et du western spaghetti tout particulièrement. Festival de vraies gueules de cinéma (Eric Cantonna, même dans un petit rôle, c’est la classe), désert poussiéreux et violence sèche, pour un peu on se croirait presque revenu à l’époque de Sergio Leone. Peut-être trop même puisque cet héritier ne cherche absolument pas à faire preuve d’originalité, il se concentre au contraire sur la seule efficacité de son histoire de vengeance et juste cela. On dénotera bien un portrait peu reluisant de l’Amérique conquérante des pionniers, un discours sur la difficulté d’être un immigré, mais le but ici est clairement de voir un homme (Mads Mikkelsen, toujours impeccable) faire payer dans le sang le meurtre sordide des siens. Rien de bien neuf donc, Clint Eastwood et consorts sont déjà souvent passés par là. Mais parce qu’il sait mettre à profit ce postulat simpliste pour livrer un exercice de style où son approche naturaliste ne se dépare pas d’une esthétique soignée (ses nuits américaines ont quelque chose de sépulcral), le réalisateur Kristian Levring parvient à faire de The Salvation un western prenant le genre au premier degré, sans post-modernisme et avec un respect infini, un peu comme lorsque Kevin Costner faisait son Open Range. Les fans apprécieront à n’en point douter. Et puis il y a Eva Green : je ne sais pas pour vous mais moi, ça me fait toujours plaisir !

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