Critique ciné : Hercule

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Ah, Brett Ratner, tout un poème ! Conspué par les cinéphiles du monde entier, il n’est pas un réalisateur complètement nul mais en revanche franchement insipide, le prototype de yes-man hollywoodien dans toute sa médiocrité. Alors quand on a appris que le bonhomme allait réactualiser le mythe de Hercule, même avec Dwayne Johnson dans le rôle-titre («né pour incarner le personnage» selon lui, et on a bien envie de lui donner raison), nous savions qu’il ne fallait pas s’attendre à grand chose. Au mieux, à une péloche passable. Au pire, à une trahison de tout le potentiel du projet. Et s’il y a bien trahison ici, ce n’est pas forcément celle que nous imaginions : sans se départir de son langage cinématographique simpliste, il faut reconnaître en effet que Ratner compose quelques belles images – pour beaucoup dues à la lumière naturaliste de Dante Spinotti – et semble vouloir livrer un spectacle un peu plus barbare que sa soupe habituelle (volonté décelable dans l’évidente auto-censure pour ne pas tomber sous le coup d’une classification R avec laquelle on flirte drôlement). Alors, qu’est-ce qui cloche avec cet Hercule ? Tout simplement qu’il n’a rien à voir avec le héros qu’on connaît, dans un soucis d’offrir un nouveau regard historico-réaliste du mythe. Tiré d’un comic-book, le métrage flanque ainsi le fils de Zeus d’acolytes très heroic fantasy et nie justement sa nature de demi-dieu, afin de discourir sur la nature et la naissance des légendes. Une idée qui aurait pu être valable si elle ne se faisait au travers d’un scénario sans grande originalité et aux twists ultra-prévisibles, tirant le film vers du bête péplum où importent les grandes batailles et la stratégie militaire. Si encore ils avaient fait cela autour des fameux douze travaux, mais non. Les fans de mythologie grecque s’arracheront donc les cheveux face à une telle relecture (d’autant que le récent The Legend of Hercule de Renny Harlin était un autre beau massacre dans le genre), aux prises de liberté reposant trop sur du flan pour se justifier, tandis que les autres parviendront peut-être à se divertir un brin avec cette aventure où brille surtout The Rock par son charisme. Quant à Brett Ratner… disons qu’une telle constance dans le fadasse, ça force tout de même le respect.

020304

Une Réponse à “Critique ciné : Hercule”

  1. mabataille dit :

    Ça fait tellement envie !

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