Critique ciné : Expendables 3

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Troisième round pour les vieux de la vieille du cinéma d’action, et toujours la même formule dopée à la virilité avec trois grosses louches de testostérone. Expendables 3, c’est donc la même chose que le 1 et le 2 sauf que là on peut vraiment commencer à être lassé par ce spectacle tout autant explosif que vain. Vain parce qu’ils ont beau rallonger un casting qui va finir par ressembler aux Pages Jaunes de Beverly Hills, ils n’ont encore une fois pas le temps de traiter tout ce beau monde comme il faudrait. Les jeunes, la nouvelle garde, n’ont rien d’autre à faire que de montrer ce qu’ils valent dans le feu de l’action, sans réelle caractérisation pour leurs personnages (et ne parlons même pas de la thématique redondante du passage de relais qui ne conduit à rien). Quant aux aînés qui reviennent ou mouillent la chemise pour la première fois, ils ne trouvent pas de quoi franchement briller entre les doublures éhontées – dont certaines en CGI particulièrement laides – ou des répliques d’une beauferie totale (Harrison Ford aux commandes de son hélico a la palme des dialogues les plus foireux), quand ils ne sont pas là pour de la simple figuration (Jet Li… sérieux, mec). Non, en fait, le seul à s’en sortir à peu près même s’il endosse le rôle du comique de service, c’est Antonio Banderas, dont la gouaille et les nombreux dialogues laissent au moins l’opportunité de l’apprécier pour autre chose que ses tueries. Forcément alors, il est beaucoup question de castagne dans ce nouveau Expendables – nous ne sommes pas venus pour la poésie de Sylvester Stallone et ses potes – or même sur ce point pourtant crucial, on ne peut pas dire que ce soit la grosse éclate. Ok, ça pète de partout, il y a des cascades de timbrés et la production a démoli la moitié de la Bulgarie mais sorti de cela, on ne trouve rien de vraiment exaltant. Si l’on prend l’exemple du climax, une séquence de près de vingt minutes à la pyrotechnie complètement débridée, son manque de construction et d’iconisation ne peut que porter grandement préjudice à son intérêt, comme un feu d’artifice sauvage sans bouquet final, et c’est pareil pour toutes les autres scènes d’action du film. Dommage, nous attendions bien mieux du réalisateur Patrick Hughes après son excellent DTV Red Hill, de la même manière que nous attendions mieux de cet Expendables 3. Mais il va falloir se faire une raison : à moins d’un sacré revirement, la logique intrinsèque de la franchise continuera irrémédiablement à tirer le niveau vers le bas.

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Une Réponse à “Critique ciné : Expendables 3”

  1. mabataille dit :

    J’avoue, j’ai bien aimé ce film.

    Déjà, les petites phrases casse-couilles omniprésentes dans le 2 sont plus discrètes. Ok il y en a, mais peu. Du coup c’est regardable et c’est une avancée gigantesque.
    Le film est même drôle, au début, surtout au niveau des effets spéciaux (là c’est peut-être involontaire tu me diras).
    Les cascades, le coup de jeunesse et Wesley Snipes en première moitié, Antonio Banderas pour la seconde font qu’on passe un bon moment. Et puis il faut bien dire que ça ressemble souvent à du Rambo.

    Alors oui, le film est mutique jusqu’à la caricature, c’est triste pour les acteurs, mais qu’est ce que la Bulgarie prend cher ! Sans rancune les mecs.

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