Critique ciné : Lucy

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Bien que son engagement pour dynamiser le cinéma français soit hautement louable, on ne peut pas dire que le Luc Besson réalisateur de ces dernières années ait franchement convaincu, ses films n’ayant plus rien à voir avec le style et l’émotion à fleur de peau qui caractérisaient leurs prédécesseurs. A chaque nouvel effort, il donne en fait l’impression de s’amuser avec un nouveau jouet, de s’essayer à quelque chose sans plus prendre à tout prix en considération le spectateur. Les narrations béantes ou les clichetons beaufs en étaient ainsi les symptômes les plus flagrants et si l’on ne les retrouve pas dans son nouveau métrage, Lucy, il lui reste quelques défauts qu’on ne manquera pas d’imputer à son auteur : la vulgarisation scientifique qui énervera les nerds extrémistes, le recours un peu trop systématique aux mêmes effets de montage (les montages alternés avec des animaux dignes de Bruno Mattéi, le compte des pourcentages), l’absence d’un dernier acte qui se fait cruellement sentir dans la structure (surtout que ça a un peu de mal à démarrer)… Malgré cela, il faut reconnaître que celui-ci supplante sans peine les Arthur et autres Malavita, pour beaucoup grâce à un rôle-titre bien bad-ass où Scarlett Johansson se montre plus impitoyable encore qu’en Veuve Noire, voire limite scandaleuse. Mais le plus agréable demeure de retrouver un Besson revenant tout doucement à son style opératique, lequel se traduit par quelques séquences franchement impressionnantes même si, vu l’étendue des pouvoirs de Lucy, on aurait pu pousser le concept plus loin (Akira reste le mètre-étalon indétrônable en la matière). Sachant combien Luc Besson nous a déçu ces derniers temps, ça a presque des airs de vrai succès.

ndpwh : à l’occasion de ce film, j’ai testé pour la première fois le système D Box, c’est à dire des sièges sur vérin hydraulique installés dans les salles et réagissant au film. Outre le curieux fait de se sentir membre de l’élite (une trentaine de sièges au milieu d’une salle immense, retour à l’apartheid, d’autant qu’il faut aussi ajouter six euros au prix du billet), on peut dire que ça fonctionne relativement bien même si ça ne prendra son plein potentiel qu’avec des films pensés directement pour ce système. Lucy n’en sort donc pas franchement grandi à l’exception de quelques scènes (dont une poursuite en voitures ultra-nerveuse) mais le potentiel est là, et il n’attend que d’être concrétisé.

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Une Réponse à “Critique ciné : Lucy”

  1. mabataille dit :

    Voilà bien un film qui pète bien plus haut que son cul, restent la course poursuite et Scarlett qui servent de vaseline pour le coup.

    Heureusement, si on veut voir du génie, la bande-annonce du biopic de Stephen Hawking suffit à sauver la mise.

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