Critique ciné : The Raid 2

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Venu d’Indonésie, The Raid est l’une des dernières grosses baffes infligées aux spectateurs du monde entier par le cinéma d’action asiatique, un rush brutal et magistral. Ce fut aussi une excellente affaire pour son réalisateur, l’expatrié Gareth Edwards, dont le talent put briller malgré l’étroitesse de son budget. Pour The Raid 2, il se permet ainsi de revoir ses ambitions à la hausse et plus que le film d’action vendu par la campagne de promotion, il livre avec cette suite une vraie chronique criminelle, l’histoire d’un flic infiltré chez les mafieux dans la grande tradition du genre. Et il a raison de s’y frotter le père Edwards, car ça lui réussit plutôt bien : on pense souvent au cinéma de Johnnie To, parfois à celui de Nicolas Winding Refn, on croise quelques inspirations manga bien fun (Hammer-Girl et Bat-Boy, la classe)… On regrettera juste peut-être qu’il ne se forge pas davantage son propre style, et qu’il se lâche un peu trop pour profiter de l’opportunité qui lui est offerte. Déjà parce que le film est un peu trop long vu son contenu (l’intrigue criminelle n’a rien de très originale) et parce que dans tout ça, il en oublie son héros et des intrigues le concernant (quid de la vengeance de son frère ?). Mais ça ne pèse pas bien lourd dans la balance face à son évident savoir-faire – doublé d’une franche volonté de bien faire – et, bien évidemment, face à la cascade de bastons homériques que The Raid 2 nous offre. Pas aussi tarés que les thaïlandais et moins léchés que les hong-kongais, les indonésiens ne déméritent donc pas pour autant et, sous la caméra de Edwards, nous donnent à voir des empoignades parmi les plus violentes jamais filmées, où l’on sent le goût du réalisateur pour l’horreur et le gore. Au point qu’il nous plonge au milieu d’elles, au cours de longs travellings durant lesquels les caméramen ont dû avoir chaud aux miches. Encore une fois alors, on s’en prend plein la gueule. Voilà ce qu’on appelle du vrai cinéma coup de poing.

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