Critique ciné : La Planète des singes – l’affrontement

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Grand moment de l’année ciné 2011 à la surprise générale, La Planète des singes : les origines ne pouvait manquer d’accoucher d’une suite, les spectateurs étant pour une fois au moins aussi impatients que les producteurs à la voir arriver. C’est dire si La Planète des singes : l’affrontement, contrairement à son prédécesseur, doit donc composer avec une attente énorme à ses trousses, ce qui ne manque pas de lui porter préjudice. Car autant le dire tout de suite, on ne se reprendra pas une claque similaire à celle infligée par le film de Rupert Wyatt. Loin s’en faut, la faute à un script particulièrement prévisible dont les ressorts – à l’exception d’une conclusion moins définitive que ce que l’on pouvait imaginer (ils s’en gardent sous le coude pour de futurs opus, les coquins) – empêchent de s’impliquer dans l’intrigue, d’être emporté par la révolte des singes comme précédemment. Sans compter que ça porte un coup sévère au rythme de la péloche. Matt Reeves, appelé pour prendre la relève de Wyatt après avoir réalisé Cloverfield ou Laisse-moi entrer, s’en sort malgré cela avec les honneurs, sa mise en scène nous réservant quelques tableaux magnifiques (rarement forêt de séquoias aura été aussi menaçante) et excitantes envolées  (la chasse, le climax des plus acrobatiques) bien qu’on puisse trouver ces dernières trop rares. Mais c’est que Reeves envisage davantage son film comme une étude ethnologique que comme un simple blockbuster, on s’y attache à rendre crédible l’évolution des singes en membres d’une société organisée par analogie avec nos ancêtres les plus primitifs. Là est le but de ce second chapitre : montrer la part croissante d’humanité chez les singes (ils peuvent remercier au passage les effets spéciaux toujours impeccables de Weta Digital), ce qui explique la présence minime des hommes à proprement parler (Gary Oldman doit apparaître en tout et pour tout cinq minutes à l’écran) et ce manque d’antagonisme qui plombe un peu notre empathie pour César et les siens. Pour autant, le miroir tendu à notre propre espèce n’en est que plus perturbant. Et tristement peu glorieux.

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