Critique ciné : Albert à l’Ouest

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Ayant pris de l’assurance après avoir donné vie au plus lubrique et vulgaire des ours en peluche dans Ted, Seth MacFarlane (créateur des séries animées Les Griffin et American Dad, rappelons-le) a la folie des grands espaces pour son second effort en live et s’offre avec Albert à l’Ouest sa parodie du western, le genre classique américain par excellence. Une parodie à la Mel Brooks, c’est à dire particulièrement respectueuse de la forme du cinéma qu’elle pastiche – le film a de la gueule à n’en point douter, avec une réalisation ample révélant l’aisance nouvellement acquise de Seth – si ce n’est que la caution MacFarlane apporte son lot d’excès que même l’auteur du Shérif est en prison ne se serait pas autorisé. Son approche de cette tranche de l’histoire US est donc qu’il s’agissait d’une époque des plus hostiles, où tout semblait en vouloir à votre vie (le titre original, A Million Ways To Die In The West, était à cet égard bien plus parlant), d’où une accumulation de morts aussi violentes que cartoonesques à l’écran pour un résultat ne volant pas sa classification R. D’autant que le bonhomme n’a également jamais caché son goût pour le trash et le graveleux. Pourtant, comme on le voyait déjà avec Ted, sous la provoc’ se cache une vraie fleur bleue et MacFarlane semble ne pas pouvoir concevoir un film sans l’articuler autour d’une romance toute mignonnette, classique dans ses ressorts mais avec des personnages se démarquant quand même du tout-venant de la comédie romantique (Charlize Theron a rarement été aussi charmante, et l’homme-orchestre s’en sort plutôt bien sachant qu’il tient ici son premier rôle principal en chair et en os). Il est comme ça Seth, il ne veut rien laisser de côté et faire plaisir à tout le monde, ce qui explique peut-être pourquoi il s’est autant lâché sur la durée de son métrage. En effet, presque deux heures, c’est un chouïa trop long pour une comédie et Albert à l’Ouest aurait ainsi gagné à resserrer son montage, afin d’abattre ses gags à une cadence plus soutenue. On y trouve cependant de telles perles d’humour (MacFarlane organise mieux que personne des caméos de folie, pour ne pas dire mythiques) que c’est sans peine que nous nous installerons dans cet Ouest sauvage et inhospitalier, quitte à en mourir de rire ou d’autre chose.

020304

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