Archive pour juillet, 2014

Critique ciné : Albert à l’Ouest

4 juillet, 2014

albert a l'ouest_seth macfarlane_charlize theron_liam neeson_affiche_poster

Ayant pris de l’assurance après avoir donné vie au plus lubrique et vulgaire des ours en peluche dans Ted, Seth MacFarlane (créateur des séries animées Les Griffin et American Dad, rappelons-le) a la folie des grands espaces pour son second effort en live et s’offre avec Albert à l’Ouest sa parodie du western, le genre classique américain par excellence. Une parodie à la Mel Brooks, c’est à dire particulièrement respectueuse de la forme du cinéma qu’elle pastiche – le film a de la gueule à n’en point douter, avec une réalisation ample révélant l’aisance nouvellement acquise de Seth – si ce n’est que la caution MacFarlane apporte son lot d’excès que même l’auteur du Shérif est en prison ne se serait pas autorisé. Son approche de cette tranche de l’histoire US est donc qu’il s’agissait d’une époque des plus hostiles, où tout semblait en vouloir à votre vie (le titre original, A Million Ways To Die In The West, était à cet égard bien plus parlant), d’où une accumulation de morts aussi violentes que cartoonesques à l’écran pour un résultat ne volant pas sa classification R. D’autant que le bonhomme n’a également jamais caché son goût pour le trash et le graveleux. Pourtant, comme on le voyait déjà avec Ted, sous la provoc’ se cache une vraie fleur bleue et MacFarlane semble ne pas pouvoir concevoir un film sans l’articuler autour d’une romance toute mignonnette, classique dans ses ressorts mais avec des personnages se démarquant quand même du tout-venant de la comédie romantique (Charlize Theron a rarement été aussi charmante, et l’homme-orchestre s’en sort plutôt bien sachant qu’il tient ici son premier rôle principal en chair et en os). Il est comme ça Seth, il ne veut rien laisser de côté et faire plaisir à tout le monde, ce qui explique peut-être pourquoi il s’est autant lâché sur la durée de son métrage. En effet, presque deux heures, c’est un chouïa trop long pour une comédie et Albert à l’Ouest aurait ainsi gagné à resserrer son montage, afin d’abattre ses gags à une cadence plus soutenue. On y trouve cependant de telles perles d’humour (MacFarlane organise mieux que personne des caméos de folie, pour ne pas dire mythiques) que c’est sans peine que nous nous installerons dans cet Ouest sauvage et inhospitalier, quitte à en mourir de rire ou d’autre chose.

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Critique ciné : Transcendance

1 juillet, 2014

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Sans être particulièrement original (Le Cobaye et sa suite avaient déjà exploré cette idée dans les 90′s), le postulat de Transcendance avait cela d’intrigant qu’on se demandait vers quoi ses auteurs voulaient tendre, jusqu’où ils iraient et par quel biais, ses différents trailers laissant entrevoir quelques curiosités non-identifiables. Manque de pot, le film ne prend absolument pas cela en compte puisqu’en guise d’introduction nous avons droit à son épilogue, lequel ne laisse planer aucun doute sur la direction que va prendre l’histoire. Pire, sur son aboutissement. Directeur de la photographie attitré de Christopher Nolan (ici producteur exécutif), Wally Pfister commence donc bien mal sa carrière en tant que réalisateur et la suite de son premier effort n’inversera pas la tendance. Outre une esthétique souvent baveuse et incompréhensible de la part d’un artiste d’ordinaire si carré, il semble en effet n’avoir retenu aucune leçon de son maître à penser et oublie totalement de rehausser son propos par du spectaculaire. A moins bien sûr d’être impressionné par deux mecs qui portent des trucs lourds (dont une machine à laver… waouh) et un autre faisant un saut de cabris risible pour grimper à une échelle… Cheap et minimaliste, la péloche donne le sentiment d’avoir coûté 30 millions de dollars dont les deux-tiers seraient allés directement dans la poche de Johnny Depp, jusque dans son scénario en vase-clos ne laissant de place à aucune ampleur. Si vous pensiez assister à la naissance d’un dieu de l’ère numérique, un Akira on-line, c’est râpé : on reste dans le désert, au milieu d’un trou de merde, et jamais nous ne verrons cet événement à une échelle plus large. A la place, on y préfère rester centré sur de petits groupes de gens qui palabrent pour ressasser sans cesse les mêmes idées, tout ça sans endosser le moindre point de vue entre les pro et anti-technologie alors qu’à l’évidence cela s’imposait, surtout avec le personnage de scientifique de Rebecca Hall qui risque l’Apocalypse par pur égoïsme amoureux. Là résidait le cœur de Transcendance selon son scénariste Jack Paglen et ça aurait effectivement pu être le cas sauf que, comme pour le reste, le métrage paraît autant indécis que prétentieux et nous noie sous ses ambitions contradictoires. Une fin du monde bien terne, digne d’une production Syfy qui péterait plus haut que son cul.

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