Critique ciné : Babysitting

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Né et popularisé dans le creuset du cinéma d’horreur, le gimmick du found-footage s’est depuis émancipé et se retrouve désormais dans d’autres genres tels la comédie. Même en France, d’ordinaire plus traditionaliste en matière de gaudriole. En témoigne ce survolté Babysitting qu’on aurait tort de classer trop vite comme une simple resucée des cartons US Very Bad Trip et Projet X car s’il en réutilise bien certains éléments (le found-footage et la découverte à posteriori des événements, l’énergie chaotique), c’est sous la forme d’une mise en abîme relativement originale qu’il le fait. Là s’arrête toutefois l’innovation car au-delà de son mélange cinéma classique (volontairement cheap, en tout cas on l’espère) / documenteur (d’une noirceur limite glauque rappelant les origines horrifiques du procédé), le métrage se montre relativement grossier dans sa manière de mettre en place l’histoire et les différents éléments qui y interviendront, ce qui atténue en conséquence la surprise et donc la comédie. Forcément, lorsqu’on voit tout venir une plombe à l’avance. Paresseuse, l’intrigue l’est tout autant dans ses tenants, étonnamment gnangnans pour un film s’adressant à l’évidence en priorité aux teenagers : sérieux, l’histoire du gamin tristouille parce qu’abandonné par son père drogué au boulot, on l’a déjà vu mille fois et ce n’était déjà pas franchement passionnant… Quand en plus on nous fait le coup du «thumbs up» final, sans le moindre second degré, c’en est alors presque trop. Heureusement, pour sa première incursion sur grand écran, les trublions de La Bande à Fifi (ex-Canal +) parviennent à insuffler à Babysitting une énergie lui permettant de conserver notre sympathie, leurs mésaventures partant suffisamment en vrille pour égratigner le vernis trop lisse du scénario. On se demandera tout de même si une forme plus traditionnelle, qui aurait laissé davantage de place à la comédie au sein de la mise en scène, n’aurait pas été préférable. On verra ça pour leur prochain opus.

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