Critique ciné : The Amazing Spider-Man – le destin d’un Héros

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Depuis qu’il a vaincu le Lézard, Spider-Man est devenu le protecteur de New-York à la grande joie des uns et à la méfiance des autres, qui voient en lui un justicier illégitime. Mais Peter Parker a d’autres soucis puisque suite à sa promesse faite au père de Gwen, il hésite à s’engager avec elle et leur couple bat de l’aile. Ses tracas amoureux devront toutefois attendre car de nouveaux super-méchants font leur apparition dans la Grosse Pomme, et leur association pourrait bien mettre fin à la carrière de l’homme-araignée…

«Le film a le mérite d’assurer le divertissement»

Après un premier volet dont on cherchait autant les qualités que la raison d’être, le retour du réalisateur Marc Webb sur The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros n’était franchement pas pour nous enchanter, sa nomination sur la saga s’avérant aussi discutable que la mise en chantier de ce reboot. Mais reconnaissons-le, il y a tout de même du mieux dans ce film par rapport à son prédécesseur, ne serait-ce que dans le détachement de sa veine réaliste pour se rapprocher de quelque chose de plus comic book, plus proche en définitive des films de Sam Raimi.

Pour autant, et même si cette version des aventures du tisseur cherche moins à dragouiller les fans de Twilight, il demeure plusieurs problèmes qui n’aident en rien ce reboot précoce à se justifier. La romance entre Peter Parker et Gwen Stacy, déjà. Bien interprétée (Andrew Garfield et Emma Stone comptent clairement parmi la crème de la nouvelle-garde hollywoodienne), cela ne l’empêche pas d’être très présente, trop présente, et franchement assommante dans ses ressorts dramatiques. En tout cas jusqu’à son dénouement, assez inattendu vu ce qui a précédé. Enfin cela aidera au moins un peu la mythologie de ce Spider-Man à s’épaissir correctement, ce que nous ne pourrons dire quant à la partie concernant les parents de Peter, le mystère de leur disparition. Là, on vire en effet au grand n’importe quoi avec Spidey se retrouvant détenteur d’une base secrète entre James Bond et les Tortues ninja. Une bien curieuse idée.

Ce nouvel opus se rattrape donc malgré tout sur plusieurs autres points, et en particulier celui du spectacle qui faisait si cruellement défaut à la naissance d’un Héros. Il offre enfin les scènes vertigineuses en 3D que nous attendions (on regrettera juste qu’elles ne soient pas plus intégrées aux combats) et une action plus soutenue, tout ça en gérant relativement bien son intrigue à multiple méchants. Il faut dire aussi que l’histoire n’en comporte véritablement que deux et non pas trois comme scandé dans la promotion (le Rhino ne fait que de la figuration pour annoncer la suite), ça aide. Et ce n’est pas plus mal puisque cela permet de bâtir deux figures du mal avec une réelle profondeur. Nous avons ainsi droit à l’excellent Dane DeHaan (Chronicle) pour incarner Harry Osborn mais c’est surtout le personnage de Jamie Foxx – vraiment cool – qui mène la barque. Car s’ils auraient pu n’être qu’une resucée du Jim Carrey de Batman Forever, Electro et son alter-ego anonyme acquièrent au contraire une dimension dramatique presque touchante (voir la scène de Time Square où il a l’impression d’être remarqué pour la première fois de sa vie) sans compter une putain de présence à l’écran une fois que ses pouvoirs se développent.

Si l’on continuera donc à se demander ce qui peut légitimer le reboot de la franchise – autre que l’appât du gain, bien sûr – il faut reconnaître à ce The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros qu’il a le mérite d’assurer le divertissement. Vu d’où nous partions, c’est déjà franchement bien.

020304

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