Critique ciné : Machete Kills

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Toujours entre deux combats, Machete est appelé à l’aide par le président des Etats-Unis, le pays de l’Oncle Sam étant sous le coup d’une menace terroriste atomique. Car de l’autre côté du mur, au Mexique, un révolutionnaire schizophrène menace d’envoyer un missile si jamais l’armée américaine ne fait pas ingérence et vient au sud pour détruire une fois pour toutes les cartels. C’est là que débarque Machete, avec un plan des plus simples : éliminer le rebelle barjo. Mais rien ne va se passer comme prévu et bientôt le mercenaire à l’arme blanche découvre que la conspiration se joue bien plus haut, jusqu’aux étoiles

«Un délire bien plus space que prévu»

Robert Rodriguez, c’est l’exemple-type du vrai-faux glandeur dont la légende n’est plus à faire, un cinéaste hyper-actif (il n’y a qu’à voir le nombre de postes qu’il tient sur chacun de ses projets) pondant des films comme autant de coups de tête et de coups de cœur, tout ça dans son propre jardin. Littéralement. Absent des écrans français depuis quelques temps puisque son Spy Kids 4 (en odorama… bah ouais) est toujours inédit chez nous, le fauteur de troubles revient ainsi avec un Machete Kills pas des plus surprenants au premier abord, cette suite reprenant la formule grindhouse / films de potes dans laquelle il semble de plus en plus s’enfermer (à n’en pas douter au passage, son Sin City 2 devrait s’en ressentir plus fort encore). A la différence toutefois du premier chapitre qu’il n’avait que co-réalisé, le texan est ce coup-ci seul aux commandes et il en profite pour emmener le mexicain buriné dans un délire bien plus space que prévu, justifiant à lui seul ce qui n’aurait pu être qu’une vaine redite.

Pour apprécier le film, cela nécessite alors quand même un sacré recul. Il y a en effet de quoi être déstabilisé face à l’alternance entre des scènes carrément stylées et d’autres franchement embarrassantes (certains dialogues sont à pleurer de nullité) même en sachant qu’il s’agit-là de l’essence du projet, qui se joue des codes et tics des films d’exploitation underground. Impossible de ne pas se demande à quel point cela cache les faiblesses d’un Rodriguez qu’on sait pas trop fignoleur, sans oublier celles d’un Danny Trejo qui n’a jamais été très expressif. Mais cela passe malgré tout, en grande part parce qu’on sent comme toujours avec lui le plaisir du cinéaste derrière chaque plan, sa joie à se complaire dans le fun à tout prix. On rencontre ainsi une inventivité bien vicieuse dans l’élaboration des mises à mort, certaines allant même jusqu’à rappeler du Destination Finale dans leur mécanique inattendue. Et pour ne rien changer la galerie de seconds rôles, servie par un casting de stars long comme le joujou préféré de Machete à tel point que plusieurs d’entre elles interprètent le même personnage (l’étonnant Caméléon), contient quelques savoureuses pépites. Charlie Sheen – ou Carlos Estevez comme on l’appelle ici – en président macho des USA et Mel Gibson en super-méchant (il finit même par revêtir une cape !) valent leur pesant de cacahuètes et abondent dans l’idée que nous ne sommes pas là pour nous prendre la tête de par leur jeu outrancier, totalement dans l’esprit décomplexé des séries Z.

Décomplexé, Rodriguez l’a été également dans la rédaction de son script. Voire j’m'en-foutiste, ça dépend du point de vue. En plus du trousième degré, il faudra donc être en mesure de digérer en parallèle une intrigue particulièrement décousue, dont l’apparente stupidité cache en fait des enjeux proprement extraterrestres ne se dévoilant qu’au fur et à mesure. Pas simple de suivre le fil, le changement de genre en cours de route ajoutant encore au bordel ambiant. En fait, le réalisateur veut faire de la série Machete une véritable saga, un Seigneur des anneaux de l’humour gras et du massacre craspec. Ou plus exactement un Star Wars à en juger les nombreux clins d’oeil directs faits ici à la création de Lucas, ainsi que la direction prise par l’intrigue. On pensait que le faux trailer en guise de pré-générique n’était qu’une blague mais non, Rodriguez nous annonce d’emblée de jeu la suite du film qu’on va voir (c’est dire combien il a confiance dans son système autarcique) ! Il veut définitivement emmener son héros dans les étoiles et est prêt pour cela à nous laisser sur une fin ouverte frustrante, renforçant toujours plus ce sentiment de scénario bancal. En dépit des défauts évidents de Machete Kills, cela n’en rend donc sa suite que plus indispensable car par-delà le plaisir insatiable de voir Danny Trejo découper du gugusse à l’arme blanche, il y a le plaisir inextinguible à voir Machete Kills Again… In Space !

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