Critique ciné : Kick-Ass 2

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Cela fait plusieurs mois depuis que Kick-Ass et Hit-Girl ont nettoyé la ville de son plus dangereux mafieux, mais les deux super-héros ne se reposent pas pour autant et continuent l’entraînement ainsi que les patrouilles. Leurs chemins vont pourtant se séparer, Dave rejoignant un groupe de supers amateurs tandis que Mindy, harcelée par son père adoptif, doit mettre son costume au placard et affronter la «vraie»vie du lycée. Mais dans l’ombre, Red Mist n’a pas dit son dernier mot et recrute des troupes pour semer le chaos

«Timide dans la surenchère ou alors juste dans l’humour»

Davantage qu’une bonne petite claque bien vicieuse et fun, Kick-Ass premier du nom s’imposait comme une excellente adaptation de comic-book doublée d’une intelligente exploration du genre par le très doué en la matière Matthew Vaughn (X-Men le commencement). Pour le deuxième arc sur papier, l’auteur Mark Millar et le dessinateur John Romita Jr avaient alors tenté de recréer un choc similaire en poussant le bouchon toujours plus loin dans la violence et le trash, prolongeant de manière logique l’odyssée de ces vigilantes en culottes courtes. Un luxe de liberté que ne peut malheureusement pas se permettre Kick-Ass 2 dans les salles, trop timoré et préférant la comédie à l’électrochoc gore, d’autant que Vaughn cède la place à un Jeff Wadlow (Cry_Wolf, Never Back Down) à la carrure moindre. Forcément, du point de vue du spectateur, le bottage de cul n’a dès lors plus rien à voir.

Le comic-book contenait ainsi une violence graphique franchement extrême, couplée à quelques idées hardcore carrément barrées qui, nous nous en doutions, n’auraient jamais pu se retrouver telles quelles dans l’adaptation ciné. Ceci étant dit, et bien que le film fait encore montre de quelques moments bien déglingos (le «sick stick» sur les pom-pom girls), il s’aventure clairement moins loin que son pendant papier dans l’outrancier, le glauque, le malsain. Ce qui n’est franchement pas pour aider le rôle du méchant, Motherfucker aka Red Mist (Christopher Mintz-Plasse, toujours aussi cool), puisque sa transformation vers une figure totalement maléfique, un vrai méchant de bande-dessinée, est ternie par l’accent mis sur la gaudriole. Rien de tel en effet pour le décrédibiliser, lui ainsi que la menace qu’il représente. Le choc final entre les factions de «supers» ne peut plus alors prétendre à la même résonance, tout comme le métrage dans son entièreté qui en devient un peu trop léger. Surtout que Wadlow ne vaut pas Vaughn pour mettre en place de mémorables scènes d’action : il n’y a qu’à voir la plus notable, celle de la camionnette, bien chorégraphiée et shootée mais à laquelle il manque toutefois ce petit style en plus faisant toute la différence.

Le scénario lui-même s’avère assez faiblard une fois privé de ses excès, le sujet de la création des équipes n’y soulevant pas plus de questions que ça et les personnages principaux tournant toujours autour de considérations similaires à celles du précédent opus. Pour ne rien arranger, le discours déjà tendancieux du film (difficile de faire autrement avec un vigilante movie) se radicalise encore un peu plus à droite, à l’image de ce qu’on avait constaté dans le hors-série papier centré sur Hit-Girl. Néanmoins, pour peu qu’on arrive à passer outre les lacunes du script de Wadlow, Kick-Ass 2 se suit sans problème grâce à son ton décomplexé, son rythme bannissant tout temps mort et sa galerie de seconds rôles ressemblant à un carré VIP, au sommet desquels trônent Jim Carrey et John Leguizamo. On ne s’y attendait pas mais ils peuvent même se révéler touchants en certaines occasions, parce que le réalisateur / scénariste a une véritable affection pour ces personnages qu’une caractérisation en apparences peu consistante et une présence peu suffisante auraient pu rendre transparents. Là, même l’intrigue très teen-movie de Hit-Girl à l’école passe sans encombre alors qu’on n’y trouve absolument rien d’extraordinaire (si ce n’est le coup du sick stick, bien sûr).

Suite certes pas franchement honteuse, le film de Jeff Wadlow ne pourra donc toutefois jamais faire d’ombre à l’original tant il se montre timide dans la surenchère, ou même simplement dans l’élaboration d’une personnalité qui lui soit propre si ce n’est en tapant à fond dans l’humour. Kick-Ass 2 se regarde avec un plaisir régressif non-feint sans pouvoir toutefois laisser un souvenir impérissable, les rires gras n’ayant pas le même impact que les enjeux développés chez son prédécesseur.

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