Critique ciné : Insaisissables

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Chacun spécialiste dans son domaine, quatre magiciens se réunissent un jour pour mettre sur pied un spectacle comme on n’en a jamais vu. Mais s’ils attirent à ce point l’attention du public et surtout celle de la police, c’est que tous leurs shows finissent par un cambriolage de haute volée et pour lequel ils ne peuvent être inquiétés. En tout cas jusqu’à ce que le FBI et Interpol joignent leurs forces pour dévoiler la combine

«Toujours mieux qu’un Ocean’s Eleven…»

Le caper movie (ou film de cambriolage) est le genre cinématographique de l’esbroufe par excellence puisqu’il consiste pour beaucoup à jeter de la poudre aux yeux du public pour mieux le manipuler. La rencontre avec l’univers de la magie semblait alors couler de source mais, curieusement, n’avait jamais été organisée, certainement à cause du risque de rendre l’arnaque trop évidente pour les spectateurs, de les rebuter à force de leur faire avaler des couleuvres. Rien qui effraie en tout cas le réalisateur Louis Leterrier, conforté par sa carrière américaine plutôt honorable  (comparé à la majorité de ses confrères francophones tout du moins) même s’il ne fait pas grande illusion avec cet Insaisissables et poursuit dans sa voie d’efficace yes man.

Après avoir inscrit quelques gros blockbusters à son palmarès (L’Incroyable Hulk, Le Choc des titans), ce thriller prendrait ainsi des airs de petite récréation pour le frenchy sauf que, sans être évidemment aussi lourd côté machinerie, Insaisissables reste pour lui un spectacle pour le moins ambitieux. Sans rien perdre de l’énergie déployée dans ses films d’action, il la convertit en une réalisation enlevée se traduisant par une caméra accomplissant sans cesse d’amples mouvements, une profusion de travellings pouvant confiner au vertigineux comme lors de la scène du show de Las Vegas. En technicien solide qu’il est, Leterrier mène donc sa barque efficacement et livre un thriller d’une très bonne facture visuelle, le but avoué étant de nous en mettre plein les mirettes. Inspiré du travail de David Copperfield (il est d’ailleurs cité au générique), le film en devient un vrai show de magie de la première à la dernière minute.

Sans comparaison toutefois avec l’ex de Claudia Schiffer et consorts, le métrage se révèle bien incapable de dissimuler ses trucs d’illusionniste. Déjà, comme ça se produit trop régulièrement ces derniers temps, la bande-annonce a gâché de nombreuses cartouches car plusieurs plans dévoilés permettent d’anticiper sur le script et les tours de passe-passe des protagonistes. Et comme si ça ne suffisait pas, le scénario de petit malin – à prétendre à tout bout de champ nous la faire à l’envers – finit en fait par agir en sens contraire : c’est simple, il suffit d’échafauder la théorie la moins probable ou la plus «énrme» et voilà, ça y est, on a trouvé le twist ! Il n’y a de toute façon rien de très dur car le film de Leterrier utilise platement les ficelles vues chez la concurrence (curieux, dans la folie ambiante, on s’arrête deux minutes pour parler d’un vieux truc apparemment sans rapport direct avec la choucroute…) et en nous amenant donc à considérer toutes les pistes comme fausses («tout n’est qu’illusion» seriné comme un mantra), il impose en définitive de voir à l’avance les rebondissements pour les plus attentifs des spectateurs.

L’approche générale du caper movie ne brille pas davantage avec l’habituelle team de voleurs ultra-charismatiques (putain de casting ceci dit, il faut le reconnaître), trop forts de chez fort et pour qui tout se passe comme sur des roulettes. Comment avoir peur pour eux, s’inquiéter de leur sort dans ces conditions ? Les auteurs ont beau d’ailleurs insérer une scène de tension et dissensions dans le groupe, tombant comme un cheveu dans la soupe, sa superficialité évidente ne trompe personne. Ils ont malgré tout la bonne idée de recentrer le récit sur les policiers, les seuls du casting à ne pas jouer les mecs trop sûrs d’eux (Morgan Freeman s’avère spécialement énervant dans ce registre). Mark Ruffalo est ainsi mortel comme à son habitude tandis que Mélanie Laurent, le faux-espoir du cinéma français, trouve un rôle moins tête à claques que d’ordinaire. Le récit ne prend toutefois pas assez de temps pour développer leur relation qui en paraît du coup seulement fonctionnelle, surtout dans son virage romantique dont on se serait bien passé, mais ils demeurent bien plus supportables sur la longueur que des personnages en représentation totale et permanente.

Insaisissables s’inscrit donc dans la bonne moyenne des films de cambriolage pour le spectacle qu’il offre et son aspect ludique, avec l’univers de la magie, ainsi que pour sa luxueuse galerie d’acteurs, mais il souffre néanmoins clairement des tares du genre, lesquelles rebuteront ceux ayant un problème avec elles. Ce qui ne doit pas faire grand monde lorsqu’on voit le succès qu’a rencontré le film cet été un peu partout, trustant les cimes du box-office… Enfin, ça reste toujours mieux qu’un Ocean’s Eleven

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Une Réponse à “Critique ciné : Insaisissables”

  1. dasola dit :

    Bonjour, c’est vrai qu’Ocean 11 n’était pas génial. Concernant Insaisissables, il y a beaucoup de mouvement de caméra, c’est clinquant mais le scénario m’a paru tiré par les cheveux. Bonne après-midi.

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