Archive pour août, 2013

Critique ciné : Wolverine – le combat de l’immortel

30 août, 2013

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Au comble du désespoir depuis qu’il a dû tuer son grand amour, le Phénix autrefois connu sous le nom de Jean Grey, Wolverine est retourné à l’état sauvage et appelle la mort de ses vœux, son pouvoir d’auto-régénération étant en cela devenu une malédiction. C’est alors qu’une connaissance du passé, un soldat japonais sauvé à Nagasaki et devenu milliardaire, lui propose de payer sa dette en réalisant son rêve : le rendre mortel. Mais à peine le mutant est-il devenu aussi vulnérable qu’un humain que se présente à lui son plus grand combat

«La Fox doit revoir sa politique de réalisateurs»

Le triste souvenir du X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood étant encore bien vivace dans les mémoires, la Fox veut se rattraper auprès des fans avec un projet inspiré d’une de leurs aventures préférées du mutant, le Wolverine de Frank Miller. Lequel, en plus d’un dépaysant voyage au Japon, offre un regard mature et contrasté sur le super-héros. Autant dire que le studio, en pleine quête de respectabilité, désire ramener cette part de la franchise dans le veine plus sérieuse du X-Men : le commencement, d’où le choix d’un habitué des Oscars comme James Mangold pour remplacer un Darren Aronofsky prévu un temps. Sauf que voilà, à trop vouloir prendre le contre-pied de ce qu’ils ont fait par le passé, ils finissent par aller carrément à l’encontre de tout ce que nous attendions de Wolverine : le combat de l’immortel.

Idée directrice du projet, la volonté de raconter une vraie histoire pour ne plus se contenter d’une foire aux mutants – comme dans le précédent – est louable. Mais encore faut-il assurer derrière. En effet, si les bandes-annonces n’ont pas suffi à vous déflorer les rebondissements d’un script déjà ultra-prévisible, la linéarité de l’ensemble et les astuces d’écriture grossières auront tôt fait de s’en charger. Et les maladresses de s’accumuler ainsi en pagaille : pour commencer, l’inspiration samouraï du super-héros – mis en scène avec un goût assuré dans la campagne de promotion – est complètement reléguée dans les cartons au profit de la romance et du deuil, jusqu’à citer explicitement Le Dernier samouraï avec Tom Cruise au détour d’une scène. Triste déconvenue. Et ça se poursuit avec de très nombreuses redondances (les discussions sur l’oreiller, les empoisonnements de la méchante, Logan qui tombe dans les vapes…) qui ralentissent le rythme d’une péloche déjà bien mollassonne, le thème de la perte des pouvoirs qui ne convainc à aucun moment… Tout ça fait quand même beaucoup. Le scénario a beau alors se donner des grands airs, c’est trop laborieux pour aller au-delà de la façade. Pire, ça se trompe de voie et ça n’emprunte même pas correctement celle choisie.

On retrouve exactement le même phénomène dans le travail de James Mangold. Réalisateur dont le talent n’est plus à prouver (son remake de 3h10 pour Yuma en témoigne avec éclat), il livre ainsi un produit à l’élégance on ne peut plus évidente mais incapable en contrepartie de rendre honneur au genre super-héroïque. Hormis le combat sur le Shinkansen, le TGV japonais, la poignée de scènes d’action croisées manque cruellement d’inventivité et d’ampleur. Dommage, il avait pourtant montré bien mieux dans Night and Day, mais reconnaissons que c’était de toute manière foutu avec une galerie de mutants aussi chiche que risible entre une Vipère sans la moindre envergure et un Silver Samouraï jamais présenté avec classe (difficile aussi de passer une semaine après les monstrueux robots de Pacific Rim). Même le X-Man au squelette d’adamantium n’échappe pas à ce traitement catastrophique car si l’introduction à Nagasaki fait illusion, la suite peine à lui conférer une représentation iconique et des scènes entières s’en retrouvent flinguées, telle celle où les ninjas l’entravent pour l’empêcher d’avancer (quand un moment dramatique fait rire, ça veut bien dire que c’est foiré). Et pour ceux qui n’auraient pas fui la salle dès le lancement du générique de fin, ils seront stupéfaits de voir le retour inattendu d’un personnage-clé de la saga, gâché par sa ressemblance avec le Dr Scott (indice !) «magnétisé» du Rocky Horror Picture Show.

Moins honteux que son prédécesseur direct, Wolverine : le combat de l’immortel s’avère donc en revanche beaucoup plus chiant et pompeux, se fourvoyant dans le public visé. Il a beau annoncer avec fierté un futur X-Men 4, la Fox doit absolument revoir sa politique de choix des réalisateurs et prendre des artistes qui ont vraiment envie de se frotter au comic-book movie, à l’image de Matthew Vaughn, sans quoi nous devrons continuer à subir la crème des super-héros dans des produits bancals et sans âme.

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