Critique ciné : Star Trek Into Darkness

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Tandis que le jeune équipage de l’USS Enterprise prend ses marques à bord de son vaisseau, le capitaine James T. Kirk s’attire les foudres de ses supérieurs pour ses prises de risque inconsidérées et son non respect de la hiérarchie. Rappelé sur Terre pour que son cas soit débattu, il est à la place témoin d’une attaque terroriste contre les chefs de Starfleet, menée par un mystérieux individu qui a aussi vite disparu. N’ayant plus que la vengeance à l’esprit, Kirk et son équipage partent alors pour la cachette supposée de leur agresseur, la planète des belliqueux klingons

«L’été cinoche 2013 sera science-fictionnel ou ne sera pas»

On en attendait pas autant et pourtant, l’ancien téléaste J.J. Abrams était bien parvenu à ressusciter la franchise Star Trek – un peu moribonde sur grand comme petit écran, il faut le dire – par la grâce d’un reboot aussi intelligent que divertissant. De quoi lui rallier un public d’ordinaire plutôt hostile ou ignorant des aventures de l’Enterprise, et de quoi raviver la flamme des trekkies par-delà le monde. Les derniers réfractaires ayant une nouvelle chance de changer d’avis puisque Abrams persévère avec un second volet grâce auquel il compte bien confirmer son aisance dans la science-fiction. Mais surtout, il s’agit pour lui de se mettre en chauffe et montrer patte blanche avant de s’attaquer à l’autre grande licence du genre, la légendaire et décriée sœur ennemie Star Wars, dont il signera le nouveau tournant à l’orée de 2015. Et à en juger par ce Star Trek Into Darkness, ça s’annonce vraiment pas mal du tout…

Que ce fut inconsciemment ou non, on voit ainsi qu’il y réfléchissait déjà au travers de scènes rappelant fortement le feeling des longs-métrages de George Lucas, en particulier l’enquête de Scotty aux alentours de Saturne dont la musique se permet même de rappeler les notes de John Williams. Ce qui rassure toutefois vraiment quant à sa reprise du flambeau lucasien, c’est la propension du créateur d’Alias et Lost à conduire son récit avec diligence et clarté. On peut toujours noter un recours un peu systématique aux gros cuivres pour faire transition entre les scènes (lequel rappelle en cela Lucas et son inépuisable collection de fondus), procédé un brin pompier s’il en est, mais cela fonctionne malgré tout, très bien même. Efficace au détriment de la finesse, il en résulte un pure ride spatial qui accumule les morceaux de bravoure avec générosité et ingéniosité, certaines séquences se révélant aussi belles qu’impressionnantes dans leur conception et leur utilisation de la 3D. La panique dans l’Enterprise en pleine dégringolade avec des décors en roue libre, la course-poursuite en pleine ville où même là on ne reste pas longtemps sur la terre ferme, la chute-libre au milieu des débris spatiaux à faire pâlir Felix Baumgartner… Abrams semble définitivement prêt à donner du bois sévère pour Star Wars 7.

Surtout que son expérience de showrunner lui a donc permis d’atteindre une véritable maestria dans l’art de la narration. Son intrigue, il la filme sans temps mort et sans nous perdre en dépit des frontières qui restent longtemps floues entre le bien et le mal, se précisant au gré des nombreux rebondissements d’un scénario à tiroirs dont il a le secret. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir à en sacrifier au passage certains éléments, principalement concernant les méchants, ceux-ci ne pouvant dès lors prétendre à l’impact auquel ils étaient voués. La menace Klingon, l’ennemi historique de Star Trek, se limite ainsi à une fusillade et à un seul alien à visage découvert. Un peu chiche. Quant au rôle du méchant, le terroriste futuriste ayant les honneurs de trôner seul sur l’affiche, il ne rend pas forcément honneur à son interprète Benedict Cumberbatch, précisément parce qu’il joue (très bien) sur le côté trouble du personnage. Abrams réussit cependant à ne pas perdre pied car il a déplacé le cœur de son récit ailleurs, dans la relation du turbulent capitaine Kirk à son équipage et tout spécialement envers Spock. Impeccable, la dynamique entre Chris Pine et Zachary Quinto reflète celle d’un casting ultra-motivé et impliqué certainement parce qu’ils sont tous conscients des qualités du métrage auquel ils participent, loin d’être une simple suite. On pourra en effet toujours regretter un retour en arrière sur quelques points, il n’en reste pas moins que le film fait fort en intégrant ses twists à la révélation de sa nature véritable (il s’agit en fait d’un quasi-remake mais de quoi, surprise) tout comme à la perpétuation de sa logique parallèle à la série originale.

Intelligence de l’écriture, brillance de l’exécution, J.J. Abrams se montre alors de plus en plus assuré en tant que cinéaste et accouche avec Star Trek Into Darkness d’un blockbuster somme toute exemplaire, confirmant que l’été cinoche 2013 sera science-fictionnel ou ne sera pas. En attendant bien sûr celui de 2015 où il aura à relever un défi plus grand encore avec son Star Wars, attendu de pied ferme. Première victoire à mettre déjà à son crédit, il nous ferait presque voir le positif dans le rachat de Lucasfilm par Disney. Ouais, c’était pas gagné, mais là aussi il y est parvenu.

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