Critique ciné : Very Bad Trip 3

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A la mort de son père, les amis et la famille d’Alan décident de l’envoyer suivre une thérapie pour en finir avec ses problèmes comportementaux, celui-ci refusant de prendre ses médicaments depuis plusieurs mois. Pour le convaincre d’accepter, la meute se réunit une nouvelle fois afin de l’accompagner mais, en route, ils sont alpagués par les hommes de Marshall, un parrain de la mafia qui kidnappe Doug et leur laisse la charge de retrouver Chow, avec lequel il a des comptes à régler. Sur la piste du turbulent bandit, Stu, Phil et Alan s’embarquent alors pour une série d’embrouilles qui les mèneront de Tijuana jusque là où tout a commencé, Las Vegas la maudite

«Mauvaise comédie, potentiel bon thriller»

On ne vous apprendra rien en disant que le méga-carton surprise du premier Very Bad Trip imposa évidemment l’idée d’une suite. Et encore moins que rayon idées, celle-ci fut bien la seule à présider à cette entreprise. Le deuxième volet se démarquait en effet surtout par sa faculté à n’être qu’un remake best of plus de l’original, ce que ne purent que déplorer les nombreux fans du Wolfpack. Ressasser la même histoire et les mêmes gags était donc impensable cette fois, aussi bien pour les spectateurs que pour la crédibilité des artistes engagés, ce troisième opus se voulant qui plus est comme la conclusion en beauté d’une trilogie. Le dernier chapitre en fanfare. Une volonté des plus appréciables sauf qu’arrivé à ce stade de la saga, tout le monde ne croit pas en Very Bad Trip 3 de la même façon et ne l’envisage avec guère plus d’homogénéité.

Pour s’en convaincre il n’y a qu’à jeter un œil à Bradley Cooper et Ed Helms, dont l’impression très nette qu’ils s’emmerdent ferme ne cache en rien leur désir d’être ailleurs. Et on les comprend, leurs personnages s’avérant très en retrait dans l’action comme dans la comédie alors qu’ils comptaient pour beaucoup dans les bons aspects des précédents. Ne serait-ce que par antagonisme à la folie ambiante, ce qu’ont semble-t-il oublié dans le cas présent Todd Phillips et son scénariste Craig Mazin (Very Bad Trip 2, Super Héros Movie). A la place, ils ont opté pour la très mauvaise idée de se focaliser sur Zach Galifianakis dont le rôle a décidément épuisé toutes ses cartouches comiques, Phillips s’évertuant à lui faire jouer toujours la même chose depuis quatre films (le barbu gagne à changer de crèmerie comme en atteste Moi, député), sans compter ici un embarrassant problème de décalage sur lequel nous allons revenir. Car avant cela, il est crucial d’avertir que les auteurs ont eu la plus mauvaise idée encore de tripler la ration de Ken Jeong, soit l’acteur le plus rapidement saoulant au monde (souvenez-vous de Transformers 3) et qui se révèle ici spécialement horripilant. S’il faut reconnaître qu’il peut passer en petit rôle secondaire (quoique, souvenez-vous de Transformers 3), là, c’est l’overdose, et la seule bonne chose quant à sa participation accrue sera la découverte qu’il peut vraiment effrayer lorsqu’il la joue sérieux.

Justement alors, c’est là que réside le plus gros problème du métrage : convaincant dans nombre de domaines, il ne l’est pourtant presque jamais dans l’humour. Ce qui est tout de même dommage pour une comédie, on en conviendra. Todd Phillips a en fait de belles intentions pour son film à ceci près que, surprise, il l’imagine davantage dans la veine d’un thriller que d’une bonne grosse farce, son envie de nouveaux genres l’amenant même jusqu’à verser dans des ambiances flirtant avec l’horreur (voir la scène dans l’appartement stroboscopique). En conséquence de quoi le ton n’est jamais propice aux gags. Trop d’enjeux et de menaces qui pèsent, trop de trucs glauques ou malsains sans qu’ils soient tournés en dérision, ils poussent le côté hardcore du second volet en le débarrassant du trash et de l’humour, l’image elle-même adoptant des teintes aux contrastes agressifs n’inspirant aucunement la bonne humeur. Dans ce contexte l’exubérance du rondouillard Alan fait alors tâche, en dépit du fait que le gros des gags repose sur lui, et le plus révélateur de ce manque d’équilibre dans le mélange des genres sera le climax sur le toit du Caesar’s Palace, qui devrait être un sommet de drôlerie mais se révèle au contraire un vrai moment de suspense.

Une certaine lassitude, des choix peu heureux, un réalisateur faisant très bien autre chose que ce qu’il est censé faire, Very Bad Trip 3 n’est donc pas le film qu’on pouvait attendre et encore moins la conclusion qu’ils voulaient apporter à la saga, le manque de continuité interdisant toute velléité de bouclage. Mauvaise comédie mais potentiel bon thriller, on ne pourra pas leur reprocher en tout cas d’avoir repompé la formule de l’original même si, clairement, il est temps de laisser pour de bon la meute au chenil.

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